Pénurie d’adresses Internet.

25 août 2008 -

Ipaddresssam D’ici quelques années, il n’y aura plus assez d’adresses Internet pour permettre à tous les utilisateurs potentiels de se connecter. Cet état de fait commence sérieusement à inquiéter les autorités de régulation qui disposent déjà d’une solution dont la mise en place se fait trop lentement.

Chaque ordinateur qui est connecté à Internet, ou plutôt son routeur ou modem, soit la passerelle qui sert de lien entre le réseau global et votre réseau maison aussi petit soit-il, doit, pour être identifiable par les infrastructures de communication, doit disposer d’une adresse IP (voyez la vôtre sur ce site). Celle-ci est constituée d’une suite de chiffre qu’il n’est pas nécessaire que vous compreniez. Mais sachez tout de même que pendant une période de temps précise cette suite vous est propre et constitue la façon de savoir où vous vous trouvez sur l’Internet. Ce type d’adresse est régie par des règles, des années 70 et qui se nomment IPV4. Les instigateurs d’IPV4 devaient être bien loin à l’époque d’imaginer que la limite technique de leur système amènerait à devoir complètement repenser la façon dont sont adressés les ordinateurs connectés à Internet. Techniquement, IPv4 utilise une adresse IP codée sur 32 bits, ce qui est un facteur limitant à l’expansion d’Internet puisque 4 294 967 296 adresses sont possibles.
Ipv6_ready_logo_phase1 Avec une population approchant les 7 milliards d’habitants et une explosion des technologies de communication, imaginez un monde où 1 ou 2 ordinateurs par famille, des téléphones intelligents connectés à Internet et des consoles de jeux reliées entre elles monopolisent le stock d’adresse IP disponible. Voilà où se situe le problème. Bien sûr, il existe des techniques pour tenter de le contourner et reculer l’échéance. La traduction d’adresse ou NAT  en est une (information approfondie ici). Elle permet qu’une adresse IP publique (celle qui vous identifie sur Internet) puisse rejoindre plusieurs périphériques dans votre réseau maison dont chacun dispose de sa propre adresse interne non utilisable directement sur Internet.
La solution est bien sûr déjà existante, et se nomme IPV6. C’est une évolution de l’ancienne norme permettant de changer complètement la façon dont sont codées les adresses Internet. Une adresse IPv6 est longue de 16 octets, soit 128 bits, contre 4 octets (32 bits) pour IPv4. On dispose ainsi d’environ 3,4 × 10^38 adresses, soit 340 282 366 920 938 463 463 374 607 431 768 211 456 d’adresses disponibles. Ceci devrait permettre de voir venir un peu avant d’atteindre une nouvelle limite. Mais IPV6, bien qu’étant déjà parfaitement fonctionnel est long à s’implanter. Il impose aux opérateurs des réseaux de télécommunication de changer tout ou partie du matériel ou des logiciels qui gèrent leurs dispositifs de routage de l’information sur Internet. Ceci se fait petit à petit et coute très cher, ce qui explique aussi la lenteur de l’évolution. Cependant, il y a urgence à agir. Selon une étude de la firme Arbor Network qui fournit des solutions de sécurité aux fournisseurs Internet dans le monde, au rythme actuel où vont les choses, la limite d’IPV4 serait atteinte d’ici 2010.
Maintenant, imaginons un pays qui migre entièrement vers IPV6. La Chine par exemple qui est grâce aux modifications d’infrastructures en raison des Jeux olympiques en avance dans le domaine. Tous les ordinateurs adressés en IPV6 dans ce pays verront le reste de l’Internet, car la norme est compatible partiellement avec IPV4 (rétrocompatibilité), mais les sites hébergés dans ce pays sur des serveurs Internet IPV6 ne seront pas joignables par les internautes dans les pays qui n’auront pas encore fait la migration.

Pucelle
Lire le texte de l’étude (en anglais)


Comment (1)

  • Cubytus dit :

    Ce que ne dit pas cet article est l'énorme quantité d'adresses IP réservées par de grands groupes, commerciaux ou non, et toujours inutilisées. Récemment, on apprenait que des organisations gouvernementales travaillant dans le même bâtiment physique s'obstinaient à vouloir une adresse IP publique (donc, visible potentiellement à tous les internautes) à chacun de ses postes de travail. Cela représente parfois des milliers d'adresses monopolisées pour rien, sachant que le NAT ferait très bien le travail. Imaginez maintenant ce que ça représente quand on multiplie cette pratique de "mauvais voisinage" par le nombre de grosses organisations l'appliquant. On se retrouve avec plusieurs millions d'adresses monopolisées en pure perte, au détriment des autres usagers du réseau.

    IPv6 devra s'implanter, mais IPv4 n'est pas encore morte, et pourrait durer quelques années de plus avec des pratiques plus respectueuses.