Les nouveaux troubadours du Net
16 octobre 2009 - Monique Crépault
Rebecca Mayes était il y a peu une jeune auteure compositrice sans public comme il en existe tant sur Terre. Un jour, lors d’une soirée chez des amis, elle rencontre Paul Govan, un spécialiste britannique de jeux vidéo qui écrit entre autres pour le fameux magazine américain Wired et qui est connu pour ses guides de jeux vidéo pour la famille.
Lors de cette soirée, apprenant que Rebecca cherche un moyen de faire connaître sa musique, Govan lui suggère d’abord de suivre les traces de Jonathan Coulton, un ex-programmeur informatique devenu auteur-compositeur et connu entre autres pour ses chansons Code Monkey, dans laquelle il relate les hauts et les bas de la vie d’un programmeur informatique (code monkey étant le terme utilisé dans le monde informatique pour désigner un programmeur), mais aussi pour Still Alive, une chanson réalisée pour accompagner le générique du jeu vidéo Portal et qui a connu un succès phénoménal.
La conversation dévie sur le métier de Govan, soit la critique de jeux vidéo, quand soudainement, c’est le déclic. « Pourquoi ne ferais-tu pas des comptes-rendus de jeux vidéo en chansons ? », suggère-t-il à la jeune femme. Rebecca le regarde d’un air incrédule, tout comme la plupart des gens présents. C’est une amatrice de jeux vidéo, mais de là à en faire la critique, et en chansons en plus ! « Tu pourrais devenir la Zero Punctuation au féminin !, renchérit Govan (Pour ceux qui ne connaissent pas bien le monde vertigineux des jeux vidéo, Zero Punctuation est une série bien particulière et originale de critiques de jeux vidéo créée sous forme de bande dessinée par le journaliste Ben Croshaw et publiée en ligne par The Escapist, un magazine spécialisé. Une connaissance plutôt avancée de la langue anglaise est requise : le journaliste parle à une vitesse de TGV sans jamais reprendre son souffle – d’où le titre Zero Punctuation, ce qui ne l’empêche aucunement de donner des comptes-rendus aussi acérés qu’intéressants.
La jeune femme hésite d’abord un peu, puis décide de tenter sa chance. Govan et elle travaillent pendant quelques semaines pour trouver l’angle à donner à son premier compte-rendu chanté. Une première critique est finalement mise en ligne sur Game People, un magazine britannique auquel collabore Govan, puis une deuxième et une autre, jusqu’à ce que soit publiée la chanson Hotel Dusk, un compte-rendu chanté du populaire jeu vidéo Hotel Dusk.
La chanson la fait connaître, le succès fait son chemin et bientôt The Escapist offre à Rebecca de publier chaque semaine deux vidéos de critiques chantées, qui seront publiées aux côtés du blogue de Zero Punctuation, qui les avait d’abord inspirés, elle et Govan, quelques mois plus tôt. Le blogue de Rebecca connaît un succès qui la mène jusque sur les ondes télés de BBC Four, où elle apparaît plusieurs fois dans une émission appelée Gameswipe, consacrée au monde des jeux vidéo (mais non disponible au Canada).
Et c’est ainsi qu’a été inventé le métier d’auteure-interprète-critique de comptes-rendus de jeux vidéo et que s’est ouverte une nouvelle voie vers le succès ! Tout le monde se plaint des pop-ups et des pubs qui sévissent de plus en plus sur les pages Web, mais sans lesquels il serait difficile de publier toutes ces pages. Une partie du succès de Rebecca Mayes réside dans le mélange d’un contenu intéressant qui, en plus, fait aussi la promotion de produits – les jeux vidéo dont elle traite, bien sûr.
En fait, le succès de Mayes n’est pas financier (on ne devient pas riche en tenant un blogue, aussi high tech soit-il, et toutes ses chansons peuvent être télécharger gratuitement), ou du moins pas encore. Mais elle a réussi à passer d’une obscurité quasi-totale à une réputation peut-être encore toute relative, mais qui ne dépend ni d’une étiquette ni de promesses de droits d’auteur. Mayes ne deviendra peut-être jamais une méga rockstar (TOUT le monde ne peut pas devenir une méga rockstar, on serait tous autant de ratés ambulants), mais du moins un exemple comme le sien prouve qu’on peut encore créer du contenu de haute qualité de façon indépendante grâce à une idée aussi simple qu’originale.
L’idée est lancée : à quand le bulletin de nouvelles chanté ou un Martin Léon à la barre de C’est bien meilleur le matin ?






Bonjour,
Mon commentaire est le suivant: Si vous avez assez de » couilles » pour me répondre, je crois que je vais vous prendre au sérieux! Nous (moi et ma tite soeur), formons un duo et nous avons aussi quelques compos dans notre répertoire. Je vous suggère fortement de visiter notre sire web et de nous donner votre commentaire sur ce site, mais, pas seulement votre commentaire, une réponse positive serait appréciée! Dans notre duo, la musique, on en mange! Nous savons aussi que la compétition est forte et ça nous donne encore plus l’envie de nous améliorer. Alors, si vous voulez découvrir de vrais talents, il faut nous répondre!
Bonjour
j’aimersis beaucoup écouter vos chansons et vous donnez mon avis, cependant l’adresse de votre site n’appârait nulle part.
Donnez moi l’adresse et comme dans votre message je vous montrerais que j’ai du chien et que je dit ouvertement ce que j’ai à dire, j’ai été élévé dans la musique depuis mon plus jeune âges et je chante moi aussi mais pour le plaisir et non pour en faire une carrière même si plusieurs em disent que je devrais me lancer.
alors j’attends l’adresse de votre site pour vous dire ce que je pense de vos composition.
Bonjour,
D’abord l’article de Monique Crépault. Moi même j’ai gagné mon pain il y a longtemps avec la chanson. A cette époque, point d’internet, point de UTube, les plates formes pour se mettre en avant étaient drôlement plus rares. Je trouve cette histoire géniale. Ca me donne envie de reprendre ma guitare et mes chansons et de me diffuser, même si je risque de me noyer parmi cent milles autres aspirants.
Quand à Michel Cyr; bravo et bon courage, mais comme le soulignait un jour Gratien Gélinas a sa nièce, la chanteuse Mitsou qui a la suite d’une blague ratée alors qu’elle animait un grand gala, s’écria « Ils n’ont pas compris! » Celui-ci lui dit « On ne dit jamais au public qu’il n’a pas compris. »
Alors je vous répondrais Mr. Cyr : « On ne dit jamais a son public potentiel qu’il n’a pas de couilles » vendre des places de spectacles sur un T-shirt c’est un bon coup de marketing comme on a pu le voir récemment, mais ça, c’est un coup d’épée dans l’eau de l’océan du Web.