Améliorer son français via le web
20 novembre 2009 - Sandra Bellefoy
Ainsi il semblerait qu’à partir du premier juin 2010, les élèves québécois qui écriront «renouvèlement», «ognon», «bruler» ou «iglou» dans les examens du Ministère ne seront pas pénalisés: «Les élèves ne seront pas pénalisés, dans la mesure [où ces rectifications] seront inscrites dans les dictionnaires usuels», a expliqué la porte-parole du ministère de l’Éducation.
Depuis que j’ai appris cette nouvelle, mon sang bouillonne. Mettons tout de suite les points sur les i, je ne crois absolument pas à cette nouvelle réforme d’orthographe qui nivèle la cervelle de nos enfants par le bas! Un accent n’a jamais tué personne et une double consonne non plus! Plutôt que d’évolution ne doit-on pas parler de paresse intellectuelle? Je ne suis absolument pas contre l’évolution de la langue mais je ne vois vraiment pas la nécessité de charcuter l’orthographe d’un pauvre oignon!!!
Il faut d’abord apprendre à parler puis apprendre à écrire pour mieux construire ses pensées. Définir une délimitation entre l’écrit et le parler n’a jamais fait de tort à personne, au contraire! Être en mesure de discerner les diverses variations de notre langue est une richesse pour celui qui la manie.
Personnellement, je pense « qu’écrire à l’oreille » bêtifie l’enfant qui est capable de faire bien mieux. Tout enfant est une éponge qui ne demande qu’à apprendre. Ne pas se donner la peine de lui enseigner les nuances de cette langue qui l’aidera à organiser ses idées de manière claire et concise m’est inconcevable!
Heureusement que ma fille ne va pas encore à l’école car si c’était le cas, j’irais de ce pas discuter avec son professeur afin de savoir s’il intégrera cette bêtise à son enseignement! Nul va s’en dire que même si je tolère les fautes d’orthographe et que je ne ressens pas le besoin d’incendier sur le champ celui qui en fait, ceci ne veut pas dire que je approuve l’erreur.
D’ailleurs lire des phrases pleines de fautes ne fait qu’accentuer mon désir de bien écrire cette langue que j’aime de toute mon âme. Je trouve aussi qu’il ne sert à rien de s’acharner sur quelqu’un qui fait des fautes. La chose intelligente à faire ne serait-elle pas plutôt de lui apprendre à mieux écrire? De lui montrer son erreur afin qu’il puisse la comprendre et la corriger dans le futur afin de ne pas la reproduire? Lui expliquer combien notre langue est belle lorsque l’on sait la maitriser?
Inutile de dire que je ne pas la seule sur Twitter à faire des vagues à ce sujet! Voici quelques exemples de statuts qui s’insurgent:
- ScarletCoral renouvèlement, ognon, bruler, iglou… Vive le nivellement par le bas!! (ou devrais-je écrire « nivèlement » et « ba »??) 1 day ago
- renartleveille RT @TVQC: RT: @teleduquebec: C’est pathétique! Les élèves pourront désormais écrire « ognon », « renouvèlement », etc. 1 day ago
- slyberu Une langue est soit morte, soit vivante: les changements sont parfois normaux. Mais j’avoue que ognon, ça fesse fort !!! 1 day ago
- LudoMC Ognon… On aura tout vu. A quand la règle fonétik? RT @Etolane: Ne se remet pas bien de cette stupide nouvelle about 2 hours ago
- andreabiscuits Oignon n’est plus, ognon règne maintenant. NON, CE N’EST PAS BEAU! 2 days ago
- ledetesteur J’ai bien hâte de retourner au stade de l’homme de crom-ognon. Je déteste la nouvelle langue française. about 23 hours ago
- vieuxbandit @sof2zerotom Ayoye. Je ne comprenais pas de quoi tu parlais. OGNON? Voyons donc! (je sens monter en moi bien des termes… religieux!) 2 days ago from TweetDeck
Comme on peut le remarquer, cette nouvelle en a froissé plusieurs sur Twitter et j’espère qu’elle froissera assez de parents pour que ceux-ci se fassent entendre du Ministère!
Et pour finir, je ne peux que vous conseiller d’aller faire un tour de ce site québécois, très bien pensé, qui offre gratuitement toutes sortes de règles et de conseils pour améliorer son français: Améliorer son français.com. (son groupe Facebook ) « Si la langue est la mère de tous les mots, la grammaire est celle de bien des maux de tête. Ce site a pour but de vous aider à y voir plus clair dans vos problèmes de grammaire, de conjugaison et de vocabulaire. Et puisque le français a une histoire pleine de rebondissements, pourquoi ne pas nous y intéresser aussi? »
Car si nous sommes des résistants de la langue française en Amérique du Nord et des pionniers de la linguistique francophone moderne, ne sommes-nous pas aussi les gardiens de cette langue qui nous est chère?
Articles sur le même thème:
- 500 sites web pour réussir à l’école.
- Virtualiser la langue française
Ressources web de la même veine:
- Langue française
- Le conjugueur
- Grammaire française
- La langue française sur TV5
- Office québécois de la langue française




Vous verrez, après l’orthographe, les thuriféraires de la médiocrité assumée s’en prendront à la grammaire. Pourquoi s’embêter avec l’accord des verbes aux trois personnes par exemple? Pourquoi ne pas utiliser que l’infinitif au temps présent, comme pour l’anglais? Par exemple: je parler, tu parler… On éviterais tous ces efforts inutiles à nos pauvres petits choux!
(Je m’excuse mais je n’ai pas d’accents sur mon clavier anglais)
L’anglais n’utilise pas l’infinitif au temps present. En anglais, il y a un accord entre la personne et le verbe, meme qu’il soit beaucoup plus simple que le francais: I go, you go, he goes.
L’infinitif serait « to go », et non seulement « go ».
Tout à fait d’accord. Bravo
Il fallait que je fasse une faute dans un commentaire sur la qualité de la langue. «On éviterait», bien sûr! Ca m’apprendra à relire mon texte avant de peser sur «Envoyer».
Oups!!! Il y a 60 ans, je commençais à apprendre le français grammaticalement. Durant soixante ans, j’ai écrit des mots avec soit des trémas soit des doubles consonnes et aujourd’hui, je dois apprendre à désapprendre. Oups! Oups!! et re-Oups!!! Que l’être humain possède un pouvoir d’adaption iouÏ.
Bonjour,
Je suis renversé de cette nouvelle, étant donné que je suis dans la cinquantaine, j’ai eu une éducation sévère face à l’orthographe et je m’en suis sortie à force de lecture et d’efforts pour écrire correctement.
Cela m’a servi dans mes examens de français puisque j’ai réussi à avoir un 100% en dictée française (grammaire et orthographe).
Le problème aujourd’hui c’est que les enseignants et parents n’y mettent pas assez d’efforts pour enseigner cette matière académique aux enfants qui deviendront des étudiants de cegep faisant pleins de fautes en quelque ligne d’écriture. Et avec la venue d’internet et des séances de clavardages, les gens écrivent en diminuant le mot à écrire pour taper plus vite sur le clavier. Résultat: Il y a un imbécile du ministère de l’éducation qui a décidé de changer les règles de français.
Je suis d’accord avec Sandra.
La langue française est merveilleuse. Elle existe depuis très longtemps et ce n’est pas si difficile de la parler et de l’écrire, il suffit de l’aimer, de faire des efforts pour la comprendre et la respecter.
J’ai remarqué quelques erreurs de français dans ton commentaire.
(quelque ligne d’écriture) s’écrit (quelques lignes d’écriture)
(cegep) est une abbréviation donc CEGEP
Tu ne dois jamais commencer une phrase par (Et), (et) est une conjonction de coordination ou si tu aimes mieux un mot qui lie deux éléments.
Bonjour, je n’en revenais tout simplement pas quand j’ai vu cet article sur ma page msn (ou sympatico). La loi du moindre effort encore une fois. C’est comme quand, ils ont accepté cheval, journal,orignal, ect, à la place de leur pluriel. Si nous on a étés capable de l’apprendre pourquoi pas nos enfants !! Je me souviens que mon fils, qui a maintenant 22 ans, à ses dernières années du primaire et début secondaire, ses professeurs, ne lui faisaient même pas corriger ses fautes d’orthographe.
Mon mari est algérien (kabyle), j’ai des amis aussi de ce pays et ils écrivent mieux le français que beaucoup de gens d’ici et ce n’est même pas leur langue maternelle (qui est le kabyle), ni la langue première à l’école (qui est l’arabe).
Il y a de quoi avoir honte
Quand une langue meurt, le peuple meurt aussi.
Bonjour à tous,
Je comprends totalement votre frustration, car vous avez appris sévèrement l’orthographe. Je comprends aussi que tous vos efforts, ne comptent plus beaucoup maintenant.
Lorsque j’ai commencé l’université, il y a 5 ans, ma professeure de français nous a fait acheter l’ouvrage « Un millepattes sur un nénufar » (non il n’y a pas d’erreurs dans la façon dont je l’ai écrit). Moi aussi j’étais scandalisée, je me disais la même chose que vous, que cela n’a tout simplement pas de bon sens, que c’est seulement de la paresse, etc.
Je pense que la nouvelle de la semaine passée ne m’a pas choquée, car je le savais que cela allait arriver.
Je pense que j’ai compris pourquoi ils ont fait cela lors de mon premier stage en enseignement au primaire. Il y a beaucoup d’enfants en difficulté d’apprentissage, et on ne se cachera pas qu’il manque énormément de ressources pour les aider (mais qu’il y en masse de gens qui travaillent dans les bureaux de la commission scolaire… mais c’est un autre sujet). Il y a tellement d’exceptions dans la langue française, que les jeunes se perdent dans tout cela. Prenons le mot « oignon », cité trop de fois déjà. Un enfant qui vient d’apprendre le son de la syllabe « oi », comme « oiseau », va dire « oi-gnon », mais il va se faire reprendre par son enseignante: « Non, ici on ne prononce pas le « i », c’est « o-gnon » qu’il faut dire. » L’enfant va sans doute se demander pourquoi et à force de se faire parler d’exceptions, il va se décourager… Ce que je dis aux enfants quand il y a des lettres qui ne servent à rien dans un mot c’est qu’avant il n’y avait pas d’imprimantes et que les gens étaient payés à la lettre pour copier des textes, donc il rajoutaient des lettres (à quoi sert le « s » dans « schéma »?). Ce sont des mots pour faire une sou!
Matière à réflexion… ou pas, c’est comme bon vous semble…
Bonne journée
Les règles de la langue française viennent d’être assouplies pour permettre à des individus de ne pas perdre inutilement des points à l’école. Au lieu de les identifier comme cancre en fonction de leurs résultats académiques, le Ministère de l’éducation se dit que l’on règlera le problème en acceptant leurs fautes. Il est certain qu’il n’est pas évident de partir à 80% en moyenne parce que l’enfant est certain de perdre 20% de points en ne sachant pas écrire ses mots! Il se trouve ainsi défavoriser par rapport à d’autres élèves. Il vient vite un temps où l’on ne calcule plus sa capacité à comprendre, mais celle d’écrire sa langue. On est incapable d’évaluer s’il a compris ce que l’on vient de lui enseigner en histoire ou mathématiques par exemple.
On fait tout cela pour ne pas le marginaliser car la langue française accepte maintenant une nouvelle orthographe avec certains mots. Cela nous ramène au traditionnel débat de la société de l’enfant-roi. On espère ainsi qu’un jour, il comprendra. Ainsi, on n’a pas besoin de l’éduquer ou de l’instruire. On reporte le tout à quelqu’un d’autre! Les parents se fient sur l’école en bas âge et se fieront sur les autorités policières ou législatives à l’âge adulte.
Qu’est-ce que l’on reporte? On reporte le fait qu’on le considère un cancre. Que l’on accepte temporairement le fait qu’il ne veuille pas fournir un effort (très grand pour certains enfants, je l’avoue!). Qu’il puisse tout comme un larcin, ne pas en payer le prix maintenant. Il ne faut plus gronder, chicaner ou parler de façon dure à un enfant.
Aujourd’hui, il y a des gens qui savent écrire de façon suffisante pour rédiger une lettre de présentation par exemple. On les refuse car ils n’ont pas un niveau de français adéquat. Qu’en sera-t-il d’eux à qui on leur permet d’écrire de façon disgrâcieuse et décadente?
Maintenant, on accepte la calculatrice au primaire pour faire la somme de trois nombres au rang des dizaines ou centaines. C’est trop long pour un enfant de 10 ans de le calculer à la main. Bien honnêtement, c’est encore plus long à la calculatrice car il s’enfarge dans les boutons de celles-ci. Il fera le calcul trois fois, lui amenant trois réponses différentes. Est-ce plus d’avance? Les enfants du primaire ne font plus d’apprentissage au niveau du par coeur en géographie, histoire, etc. La réforme a débuté il y a plus longtemps. Est-il déjà trop tard? Je vous rappelle que l’écriture du mot « ognon » a été entériné il y a déjà près de 20 ans, en 1990! Nous sommes TOUS responsables de l’état de notre société. C’est identique partout sur la planète. Les générations X et Y sont des termes utilisés au Japon, Londres ou États-Unis. En tant que peuple québécois, réveillons-nous enfin!
Si l’oignon nous faisait anciennement larmoyer, maintenant l’« ognon » nous fait définitivement pleurer!
Le nivellement par le bas: c’est la dérive démagogique des gouvernements inefficaces et les errements de pédago-soit disants-linguistes qui cherchent le paradoxe pour exister.
L’éducation et l’acquisition de connaissances n’est pas un acte aisée, demande des efforts et demande des efforts. C’est à ce prix qu’un enfant et adolescent se construit et non pas en étant confronté à la facilité de produits standardisés et simplifiées (il faut que tout le monde y est accès sans effort, n’est-ce pas?) qui ne participeront pas à l’exercice de la pensée et à la discipline de la connaissance.
Ne parlons pas de la finesse d’une langue qui est encore universellement reconnue en droit pour sa précision….
Non, il faut, sans demander d’effort aux élèves, sans effort éducationnel particulier, accroître les résultats obtenus par le système d’enseignement -je ne dis pas d’éducation-.
Cela s’appelle de la démagogie et, la preuve a maintes fois été faite, le démogogie demeure un des meilleurs moyens de détruire les capacités de progrès d.une société.
Je rappellais «pas d’éducation», parce que l’essentiel de l’éducation et quand on constate l’incivisme de beaucoup de jeunes, l’intérêt de ces derniers uniquement pour les aspects matériels, on peut s’interroger sur les modèles d’éducation véhiculés par les parents: Peut-être serait-il utile de développer une information pour ces deniers.
Il faut dire qu’un gouvernement qui avance un déficit public pour justifier ces projets de taxation, sans qu’il y ait eu la moindre tentative d’action à l’encontre des dirigeants de la Caisse de dépôts responsables d’une dilapidation de fonds publics, reste en cohérence avec le mépris qu’il affiche pour la formation des générations à venir.
Bonjour à tous,
D’après-moi, ces nouvelles règles sont ridicules. Depuis plusieurs années nous avons apris a parler et à écrire cette merveilleuse langue. Malheureusement, je doit être d’accord avec certains de vos commentaires. Le français n’est plus enseigné avec autant d’emphase. Je suis une étudiante de 19 ans et j’ai terminé mon secondaire ici dans une communauté francophone en Ontario. Je trouve cela très malheureux qu’au moins 80% des élèves ne savent pas écrire ou lire correctement en français. Donc, pour retourner aux nouvelles règles, les jeunes devraient être enseignés la langue française comme on la connaît. Ils ne devraient pas l’apprendre d’une différente façon. Pensez à ceci. Si les parents ne peuvent plus aider à leurs enfants avec leurs devoirs et les enseignants ont de grosses classes, comment les enfants vont-ils bien apprendre?
Les nouvelles règles sont donc ridicules et ne font aucun sens!
(Pardon si j’ai fait des fautes d’orthographes, j’ai écris ceçi vite fait pendant une pause)
Chère Sandra,
Je suis tout à fait d’accord avec l’article écrit ci-dessus.
Le nivellement par la base (ou devrais-je écrire nivèlement ?) est devenu un élément destructeur des générations qui me suivent. On ne prône pas l’effort et le phénomène est devenu évident partout dans tous les milieux de travail.
Nous sommes peu nombreux à parler et écrire le français en Amérique du Nord, plusieurs d’entre nous essayons de protéger notre langue et certains grands penseurs décident de changer l’ortographe des mots seulement pour soit-disant, faciliter l’écriture des mots.
C’est vraiment incroyable et c’est même insultant pour la nouvelle génération à qui on propose d’écrire plus simplement ou plus facilement. Est-ce qu’on les prend pour des idiots ?
Bonjour à tous.
Je m’appelle Tommy et je suis présentement en formation pour devenir enseignant de français au secondaire. Je viens vous faire part de mon opinion de futur professionnel à ce sujet.
La réforme de l’orthographe de 1990 (eh oui, elle existe depuis presque 20 ans) a comme principal objectif d’uniformiser les règles de l’orthographe. Suggérée à l’origine par le Conseil supérieur de la langue français (à Paris et non pas dans un local obscur du ministère de l’Éducation à Québec), elle a été appuyée par de nombreux autres organismes de la francophonie dont l’Académie française! Loin de vouloir faire du nivellement par le bas, ces modifications ont rectifié quelques erreurs qui ont été commises au fil des années. De plus, ne vous faites pas trop un sang d’encre, toutes ces rectifications sont facultatives et ne rendent pas caduques les nombreux coups de règle sur les doigts que vous avez subits jadis lorsque vous écriviez «règlementaire» plutôt que «réglementaire».
L’utilisation du trait d’union pour séparer certains préfixes (je pense à «électro-», par exemple, variait selon les ouvrages de références. Comment pouvons-nous expliquer que contretemps s’écrit en un mot, mais pas contre-plaqué?
L’accent circonflexe, le pauvre! Banni! Allons. Son instauration n’a été que choix aléatoires et sans réelles ententes. Les lettres étymologiques n’ont été conservées sur certains mots que pour le plaisir -un peu malsain- des Académiciens au 17e siècle.
Et puis, le cas d’oignon, qui fait jaser tant de monde! Il s’agit d’un des rares (voire le seul) cas existants du son «gn» qui a encore le «i» devant. Nous ne faisons pas toute une histoire avec «montaigne» qui s’est transformé en «montagne» plus tôt dans l’histoire rocambolesque de notre langue! Il s’agit d’éviter qu’un lecteur peu familier avec la langue française ne se questionne sur «o-ignon» alors que «poi-gne». Une anomalie historique réparée.
Ah, et au fait, pendant qu’on n’y est. «Chevals» n’existe pas. C’est un mythe. Cessons d’en parler.
Comme je le disais, les rectifications ne nivellent pas par le bas, mais permettent d’uniformiser une langue qui s’est construite à gauche et à droite. Une langue devrait servir à faciliter la communication, non pas à transformer nos enfants en dictionnaires des difficultés de la langue. On se demande pourquoi les jeunes décrochent autant. Il y aurait peut-être un lien à faire avec les 5 cours de français par semaine que l’on impose à nos enfants pour leur dire : «Écris «événement» avec deux «é» parce que c’est comme ça.» Cessons de voir l’apprentissage de la langue française comme une façon de créer une élite linguistique et permettons à nos enfants d’écrire «frisotis»!
P.S. Je vous suggère le site http://www.orthographe-recommandee.info pour plus de renseignements.
C’est tout simplement révoltant. »Débiliser » la langue française, si je puis me permettre, n’est pas une façon »d’évoluer », comme l’a si bien dit la porte-parole du ministère de l’éducation. En apprenant cette affreuse nouvelle dans le journal Métro, je me suis dit: …heeee pardon? Et je me cite. On se révolte contre l’anglicisation de notre magnifique langue, et ensuite on accepte de la simplifier pour les pauvres petits enfants qui vont avoir trop de difficulté à l’école? Comme plusieurs l’ont proposé, écrivons au son!! Ce serait bien plus simple, non? Selon moi, le fait d’accepter des mots écrits d’une telle façon, »ognon, bruler… », ne fera qu’empirer la situation actuelle. C’est-à-dire toute cette panoplie de jeunes qui ne se donnent même pas la peine de lire des romans, ce qui a des conséquences désastreuses sur leur français parlé et écrit: manque de vocabulaire et fautes d’ortographe horribles! Si on accepte maintenant les fautes, les jeunes se diront: à quoi bon faire un effort?, et notre langue sombrera bien plus rapidement qu’on le croit. Chers québécois, nous sommes des combattants pour notre belle langue française, s’il-vous-plaît, continuons à nous battre!! Je suis une étudiante de 17 ans et je me révolte contre la réforme. À bas les méchants ognons.
Le plus ridicule c’est que l’on amène le motif que l’on veut simplifier l’écriture de la langue française. Pour quel motif, le mot « leader » est devenu « leadeur »? Parce qu’au son, cela fait plus « eur » que « er ». On a voulu simplifier la terminaison de ce mot en un son plus approprié. Mais pourquoi l’avoir gardé comme « leadeur » au lieu de « lideur »? La prononciation correcte de « ea » en anglais fait plutôt un « i ».
Ainsi, « dîner » peut s’écrire maintenant « diner ». On élimine l’accent circonflexe. Par contre, « exiguë » s’écrit maintenant « exigüe ». On déplace le tréma. Pourquoi simplement muter le tréma?
Parce que le tréma sert à accentuer une lettre qui, normalement accompagnée d’une certaine lettre, ne se prononcerait pas «maïs» (ma-is) plutôt que (mè).
C’est évident que le tréma sert à accentuer une lettre ou pour signifier le début d’une nouvelle syllabe. Comme dans « Hawaï » ou « Noël » (quoique on peut maintenant écrire « Noel »).
Revenons-en au fait. Le mot « exiguë » s’écrit maintenant « exigüe ». Le verbe « arguer » s’écrit maintenant « argüer ». Ici, on a ajouté un tréma! On ne l’a pas déplacé. On ne l’a pas ôté. On l’a créé!!! Est-ce que maintenant les gens doivent prononcer « arg – u – er »???
En fait, il se prononce effectivement «ar-gu-er». [Référence Le Petit Robert 2009]
Pourquoi alors mettre le tréma sur le « u » s’il se prononce effectivement avec la lettre « g »? Le « u » nous indique que le « g » se prononce de façon dure. Sinon, il ferait « ar – ger » comme dans la prononciation du mot « argent ». C’est tout!
Sans tréma, il se prononcerait comme «nar-guer». Maintenant, il est clair qu’il se prononce «ar-gu-er».
À Catherine (celle ayant commencé l’université il y a 5 ans)
C’est hallucinant de constater qu’une professeure d’université en français possède si peu de connaissances pour la langue qu’elle enseigne. L’éthymologie d’un mot devrait être connu au lieu d’insinuer que le français a été inventé parce qu’avant les imprimantes, les gens copiaient le français à la lettre pour se faire des sous. Alors, pour quelle raison aurait-on d’ôter une lettre?
La vraie réponse est plutôt dans la prononciation du mot « oignon ». Le « i » à l’intérieur de ce mot est un « i » mouillé. Le « i » n’a jamais été jumelé avec la lettre précédente qui est le « o ». Il fait plutôt partie du groupe « ign ». Cette lettre sert à dire que le mot se prononce « o – gnon » au lieu de « og – non ». Si j’ai pris la peine d’écrire ce fait, ce n’est pas pour m’« astiner » (parce que probablement qu’on va le rebaptiser ainsi car tout le monde dit cela!) C’est parce qu’il est scandaleux (pourquoi ne pas ôter le « x »? Il est au singulier ce mot!) qu’une personne possédant assez de maîtrise pour enseigner le français, ne puisse pas au moins réaliser ou chercher d’où provient l’écriture ou la prononciation d’un mot.
« Il n’existe que deux choses infinies, l’univers et la bêtise humaine… mais pour l’univers, je n’ai pas de certitude absolue. » – Albert Einstein
J’imagine, Mario, que vous avez également appris durant votre recherche étymologique que l’orthographe «ognon» coexistait avec «oignon» jusqu’à l’arrivée de la prescriptive Académie française qui a balayé de la main la première forme alors que tout le monde s’entendait sur l’utilisation des deux orthographes?
Je n’ai jamais vu un tel énoncé. L’Ognon est un cours d’eau en France. Il n’y pousse pas d’« ognons ».
« Pour le son « gn », on a déjà trouvé ognon, oignon, ongnon, oingnon. »
http://www.ccdmd.qc.ca/media/ortho_rect_12Rectific.pdf (p.6-7)
Et j’ajouterais également :
« Prononc. et Orth.: []. Ac. 1718-1762: oignon; 1798: ognon; 1835, 1878: oignon, ognon; 1935: oignon. Velléités de prononc. orth., [wa-], à l’image de poigne, etc., ou de suppression de i, ognon, à l’image de rogne, etc. » Trésor de la Langue Française informatisé (TLFi)
Les enseignants n’y peuvent rien et le ministère aussi! L’Office de la langue française a fait ces choix, si les dictionnaires les publient on ne peut en aucun cas mettre une erreur puisque les deux graphies sont acceptées. Et en passant, dans nos universités on en parle depuis quelques années déjà, cette réforme est en vigueur en France depuis plus de dix ans. L’ancienne graphie ne va pas à la poubelle, les deux seront acceptés. Pour ceux qui veulent vraiment tout savoir sur le sujet, il y a un petit dictionnaire qui fait le tour de tous les mots touchés qui se nomme millepattes sur un nénufar. Il faut faire attention, certains donnent des exemples qui sont complètement faux (ex : journal ne reste pas journal au pluriel et non se ne sont pas tous les ph qui deviennent f, il y a une raison historique pourquoi on le fait avec nénuphar).
De plus, tant que les livres ne seront pas en nouvelle graphie cette orthographe aura du mal à faire sa place et n’oubliez pas que les listes orthographiques que les enseignants utilisent étaient en place avant cela donc avant que ça change vraiment… La seule différence sera si l’enfant écrit un mot (mal dans l’ancienne graphie et bon dans la nouvelle) l’enseignant devra lui mettre bon s’il le trouve dans le dictionnaire. (Noter que les dictionnaires de nos écoles sont tellement vieux que présentement l’enseignant n’a pas grand chance de tomber sur une nouvelle graphie…
Bref, ça va prendre du temps et si vous avez des roches à lancer faites le à l’Office de la langue française.
Je viens de voir toutes les rectifications apportées à la langue française.
Anciennement, on écrivait:
« Elle s’est laissée tomber les pieds à l’eau » et
« Elle s’est laissée les pieds à l’eau ».
Maintenant, on écrit:
« Elle s’est laissé tomber les pieds à l’eau » et
« Elle s’est laissée les pieds à l’eau ».
Oui! Il ne faut plus accordé le participe passé du verbe « laisser » dans la première phrase parce qu’il est suivi du verbe « tomber » à l’infinif. Par contre, il faut le laisser dans la deuxième phrase parce qu’il n’y a pas de verbe à l’infinif! Ceci ne serait valide qu’uniquement dans le cas du verbe « laisser » qui devient invariable dans le premier cas et s’accordant dans le second cas! Oufff!
Tout comme on le faisait auparavant et encore aujourd’hui avec «fait».
« Elle s’est fait appeler. »
Je me surprends d’écrire en faveur de ces rectifications. J’ai aussi pensé à ce nivèlement par le bas. Cependant, nombre de ces changements permettent de clarifier certaines ambiguïtés (exceptions) de la langue de Molière. La beauté de notre langue n’est-elle pas notamment fondée sur la richesse de son vocabulaire plutôt que sur ses exceptions?
Rappelez-vous le mot «clef»! L’orthographe de ce mot est encore acceptée malgré l’arrivée de la version «clé» depuis plus d’une centaine d’années. Cette orthographe rectifiée n’empêche pas l’utilisation de la précédente. Vous n’avez pas à désapprendre ce que vous avez appris à la sueur de votre front.
Pourquoi décrier une évolution de la langue pour la correction d’inepties (ex. : charrette et chariot proviennent de la même racine latine «carrus» mais chariot s’écrit avec un seul R)? À quoi bon un accent circonflexe sur «boîte», sur «août»? On laisse l’accent où son usage distingue le sens de deux mots (tache/tâche; cote/côte).
Que dire de la présence de traits d’union seulement entre les nombres inférieurs à cent?
Si ces rectifications permettent à nos jeunes d’éviter cette lourdeur d’exceptions pour mieux profiter de sa richesse, aidons-les plutôt à mieux l’écrire et la parler.
Malgré ma très claire opposition face à la nouvelle orthographe, je crois que ce que tu dis est vrai. Je me rappelle de mon primaire, rageant contre toutes les exceptions et difficultés de la langue française. Par contre, tu dis que nous avons pas à désapprendre ce que nous avons appris auparavant. C’est vrai, mais il y a un mais. Admettons que j’ai un petit frère qui vient de commencer l’école primaire. Il apprend donc la nouvelle orthographe, et peut-être aussi l’ancienne. Le problème, c’est lorsque mes parents vont vouloir l’aider à faire ses devoirs et ses corrections de textes. En ne connaissant pas la nouvelle orthographe, comment réussiront-ils à conseiller correctement mon petit frère? Je crois que cela deviendra encore plus difficile pour lui, car il aura probablement l’avis de son professeur ET l’avis de ses parents. On lui dira que les deux sont corrects. Il peut choisir celui qu’il veut. D’accord, mais il y trouvera peut-être le moyen de se mélanger encore plus, ce qui ne m’étonnerais pas du tout! Et, pour finir ce commentaire, je voudrais dire quelque chose à tous ceux qui disent comme « argument » :la nouvelle orthographe est acceptée en Europe depuis plusieurs années et on devrait arrêter de se lamenter puisqu’elle était déjà instaurée. Et bien je répond à cela: on s’en fout! Je n’étais pas au courant que cette orthographe était déjà acceptée ailleurs, mais j’aurais autant protester si je l’avais su, même si ce n’est pas dans mon pays à moi. Donc, en ce moment, je me révolte contre la nouvelle orthographe en général, instaurée cette année ou il y a 10 ans, je m’en « câlisse ». Merci!
Mario,
Merci pour vos commentaires.
Vous venez de prouver que mon éducation n’est vraiment pas complète et que j’ai gaspillé mon argent pour un simple bout de papier. Ce sont les curriculums des cours universitaires qui sont désuets. Je n’ai JAMAIS eu de cours qui portent sur ce que vous avez expliqué et je suis supposée être capable d’enseigner le français de la première à la sixième année du primaire… Le seul but des professeurs d’université, c’est qu’il y ait le plus d’étudiants qui passent leurs tests de français.
Je vais continuer à apprendre par moi-même avec les livres et les grammaires… et ça coûte bien moins cher.
J’aurais juste apprécié que vous ne référiez pas à moi comme une personne « bête », vous pouvez être en désaccord avec moi, je comprends, mais ça ne vous donne pas le droit de me ridiculiser… à moins que je ne sois trop « bête » pour comprendre la citation que vous m’avez écrite…
Bonne soirée…