On a marché sur la Lune.
3 février 2010 - David Lobjoie
Et moi j’applaudis des deux mains, car la toute jeune l’industrie spatiale civile, qu’elle soit américaine ou d’une autre nationalité, ne l’entend pas de cette oreille.
Mais revenons sur ce que Barack Obama a dit: « La NASA va devoir concentrer son budget et ses énergies sur des projets d’exploration à plus long terme comme Mars. »
Le programme Constellation qui chapeautait toutes les recherches pour le retour sur la Lune prend donc un sérieux coup dans l’aile. Surtout que les essais pour le lanceur Ares allaient bon train et que les premières maquettes réalistes de la capsule Orion n’en étaient plus au stade de la planche à dessin. Mais c’est maintenant chose du passé et ces travaux serviront surement pour la mission martienne.
Mais cela ne signifie pas que le gouvernement américain va complètement laisser tomber la Lune.
Car selon le président américain, c’est maintenant vers l’industrie privée qu’il va falloir regarder.
Et là je dis bravo, car la course à l’espace s’ouvre maintenant à concurrence qui ne verra pas l’innovation muselée par les ronds de cuir du sénat contrôlés par les lobbys.
Et si on lit entre les lignes d’Obama, l’industrie spatiale civile risque donc de recevoir un sérieux coup de pouce de la part du gouvernement fédéral américain, mais cela sera à elle de faire ses preuves et de produire en partie les futurs programmes spatiaux et lunaires.
Avec un tel revirement de situation, des initiatives comme le « Google lunar X-prize » prennent maintenant une toute autre signification. D’anecdotique, ce concours international pour déposer une sonde robotisée sur le sol lunaire, va attirer de nombreux regards. Car la compagnie privée qui y parviendra aura pour cela développé une technologie de lanceur et d’alunisseur qui vont éventuellement permettre d’en faire des versions améliorées pour, pourquoi pas, y installer des astronautes.
Astronautes, qui à mon avis, seront toujours formés par les agences spatiales internationales, mais qui embarqueront cette fois-ci dans des vaisseaux privés.
Quelque part, cela devrait garantir un niveau de qualité encore plus élevé, car dans ce cas précis, la compagnie qui construira le véhicule ne sera plus le plus bas soumissionnaire.
Et quant aux chances de réussite, j’estime qu’elle sont plutôt bonnes au regard de la manne financière à décrocher pour les compagnies qui produiront les futurs lanceurs et cargos pour, par exemple, aller ravitailler la station spatiale internationale qui perd théoriquement la navette spatiale d’ici la fin de 2010.
Les meilleurs ingénieurs ne travaillent pas seulement à la NASA. Il n’y a qu’à voir ce qu’a réalisé une toute petite compagnie comme « Scaled composite » dans le désert de Mojave pour construire avec un budget de seulement 20 millions de dollars le premier vaisseau spatial civil qui remporta le prix X-prize, premier du nom, de 10 millions de dollars en 2004 avec 2 envolées successives jusqu’à plus de 100km d’altitude.
De plus, dans les mêmes limites budgétaires, cette petite compagnie a développé une technologie de retour atmosphérique qui n’échauffe pas le corps de leur vaisseau composé de panneaux fibres composites collées.
Évidemment, on ne parle pas encore ici de charge utile pour aller ravitailler la station spatiale, mais de « seulement » 5 passagers. Toutefois cela place Scaled composite un pas en avant dans la course et j’imagine très bien le sourire de son CEO, le coloré Burt Rutan, lors de l’annonce du régime minceur imposé à la NASA.





