Réputation en ligne et recherche d’emploi.

9 février 2010 -

réputation en ligneOn parle ici de notre réputation en ligne. Vous pensez être à l’abri, lisez ce qui suit.

Avoir une vie sociale virtuelle, clavarder, poster des photos plus ou moins personnelles, de bon goût ou non peut un jour ou l’autre nous retomber dessus.

Prenons le cas de Sylvain. Cadre commercial, la jeune trentaine aimant la vie et avec des revenus qui lui permettent d’en profiter.

 

online_reputation_image_by_lori_gamaSylvain, dès qu’il le peut, file dans le sud pour profiter des plages chaudes et des « plaisirs locaux », le tout abondamment documenté et affiché sur sa page Facebook.

Le même Sylvain, depuis son adolescence voue une passion sans limites au « Black metal » et a longtemps fait partie, jusqu’à la fin de son diplôme universitaire, d’un groupe dont le bon goût prohibe la publication du nom évocateur dans ces colonnes.

Enregistrements audio, paroles et photos de Sylvain s’époumonant avec ses acolytes couverts de faux sang et à moitié nus dans le sous-sol de ses parents remplissent sa page MySpace. Et histoire de se rappeler le bon vieux temps, les amis se sont retrouvés récemment pour fêter les 15 ans du groupe.

Tous aujourd’hui cadres dans des institutions financières ou reliés au marché boursier, se revoir après toutes ces années et renouer avec leur occupation pour le moins bruyante a été un véritable plaisir pour eux dont témoigne la vidéo HD postée sur YouTube.

Le tout affublé de nombreux mots clés qui rappellent le bon vieux temps en pointant vers MySpace et les pages personnelles Facebook de chaque membre histoire de montrer ce qu’ils sont devenus.

Bref, Sylvain est un jeune trentenaire normal bien de son temps.

 

Mais Sylvain vient de se trouver frappé par la crise. Le cabinet de consultants en commerce international où il occupait un poste junior va moins bien en ce moment et il se retrouve sans emploi du jour au lendemain.

Mais il ne se fait pas trop de soucis. Lettres de recommandations de ses deux précédents employeurs en poche, un CV long comme le bras montrant qu’il est l’employé du mois idéal et armé pour répondre à tous les questionnaires de motivation et de « leadership » que son profil impose, il a confiance.

computer xrayMais il y a un os. Car avant son profil professionnel, c’est maintenant son profil social qui est regardé en premier.

Sylvain en bon vivant qu’il est, ne verrouille pas ses données personnelles en ligne, tous ses amis et conquêtes peuvent les consulter, tout comme les responsables des ressources humaines à qui il a envoyé son CV la semaine dernière.

 Cette compagnie de chasseurs de têtes par exemple où il avait été vivement recommandé par son ancien employeur.

La responsable du placement, payée, rappelons-le pour la qualité des gens qu’elle sait dénicher, a été plus qu’étonner de savoir que ce jeune cadre au CV parfait est capable de boire son 6 pack en moins de 15 minutes et qu’il ne compte plus le nombre de ses conquêtes féminines lors des 5 à 7 ou party de bureau. Tout cela bien visible grâce aux innombrables photos prises sur le vif dans les locaux de la compagnie et aux jeux-questionnaires auxquels il participe en ligne pour montrer à ses « amis » qu’il peut les battre à plates coutures.

Sans parler du nombre de fois où il met à jour son profil en ligne chaque jour durant les heures de bureau.

Voici une belle réputation en ligne pour Sylvain. Suffisamment parlante sur sa vraie personnalité pour échauder les recruteurs qu’il aurait aimé rencontrer, mais qui ne retournent pas ses appels ou envoient par politesse un courriel laconique disant que son CV sera conservé en banque.

dominos - Copie 

L’histoire de Sylvain est fictive, mais ne vous êtes-vous pas reconnus quelquepart dans ce portait et ne pensez-vous pas qu’une histoire du même genre pourrait vous arriver?

Une étude récente, commandée par Microsoft et publiée ICI, révèle qu’aux États-Unis, 70% des recruteurs ont déjà refusé des emplois en se basant sur des informations personnelles trouvées en ligne à propos des candidats qui postulaient chez eux. On y constate aussi que cela fait désormais partie des politiques de recrutements dans 79% des compagnies de vérifier la réputation en ligne d’un postulant.

Cette même étude révèle, toujours chez nos voisins du sud, que seulement 7% de la population pense que son image en ligne peut nuire à sa réputation et les pénaliser pour une recherche d’emploi.

On n’y trouve pas de chiffres concernant le Canada, mais en se basant sur les autres pays représentés dans l’étude et les habitudes Internet au pays, il est certain que ces comportements se retrouvent au Canada.

Prenez le temps de parcourir l’étude, on y trouve des choses assez révélatrices concernant les habitudes des recruteurs.

Haaaa les réseau sociaux, on s’y fait tant d’amis.
pucelle

Lire le texte de l’étude.


Comments (9)

  • Simon dit :

    Il est clair qu’il faut faire attention à notre cyber image lorsque l’on est à la recherche d’un emploi. Cela peut certainement nuire à nos chances d’obtenir un emploi. Quant à savoir à quel point être un humoriste non politiquement correct de youtube peut nuire à l’obtention d’un poste dans un CPE, c’est une autre question difficilement quantifiable. Les études comme celle dont il est fait mention dans l’article sont donc les bienvenues, pertinentes et pionnières!

    Je suis particulièrement sensible au sujet. Mon type d’humour très croustillant n’étant pas vraiment compatible avec l’emploi que je vise à moyen terme, j’ai évité de mettre en ligne plusieurs de mes vidéos personnelles. Quand je serais syndiqué de la fonction publique, et seulement à ce moment, je déchaînerai mon immense talent artistique. Gare à vous!

    Et vous, seriez-vous d’accord pour qu’un humoriste qui rit ouvertement de la pédophilie, de la nécropédophilie et la scatopédophilie garde votre enfant dans un CPE? Si vous ne l’êtes pas, vous seriez en accord avec le principe de cyber discrimination. C’est un cas extrême, j’en conviens, mais tout de même, il s’agit là d’une très pertinente question!

  • Botrax dit :

    Discriminer contre du monde par leurs passe-temps, c’est quand-même hypocrite, puisque tout le monde déconne des fois pour s’amuser. Il faut se demander si on veut travailler pour du monde qui ne fait pas la différence entre la vie privée et la vie au travail, ça risque d’être un employeur difficile et intransigeant avec le temps. Ou encore travailler avec du monde qui n’aiment pas s’amuser…. c’est à se tirer une balle.

    Je tenderais à viser de travailler pour un employeur qui comprend la différence entre la vie privée et la vie de travail, il risque de ne même pas regarder vos profils en ligne pour juger selon des critères sans lien au travail. Ça risque d’être un employeur plus intelligent et agréable.

    Les profiles en ligne peuvent servir de filtres en ligne pour se trouver un BON employeur, à condition d’employer son vrai nom dans ces profils. Choisir un alias peut être propice à l’anonymat et réduire ses chances de se trouver un bon employeur. :)

    Évidemment, sécuriser son profil pour le rendre privé et visible seulement aux personnes à qui on veut le rendre accessible est important puisque les sites veulent tout ouvrir de plus en plus au public.

    Malheureusement, même sécuriser son profil ne cache pas les images storées sur des serveurs publics séparés des serveurs principaux, comme on peut voir sur http://www.SocialMediaPics.com. Toutes les images sur ce site son téléchargées dans le fureteur directement à partir des serveurs publics d’images. C’est un message pour dire qu’un profile sécurisé ne cache pas nos photos.

    Il faut bien s’éduquer sur les aspects publics et privés de notre information sur l’internet.

  • Rustik dit :

    Pour un poste de journalier, la vie sociale n’a que peu de lien avec l’emploi. Pour un poste de cadre, la contre-partie d’un salaire élevé est de représenter sa compagnie au-delà des murs de l’entreprise. Refuser cet état, c’est aussi refuser le poste. Heureux que maintenant certains recruteurs peuvent évaluer ces comportements avant de faire l’erreur d’engager ces gens pour ces types de postes.

  • Mike dit :

    Je pense qu’il faut être un peu naif pour se fier à de l’information qui circule sur internet pour juger de la crédibilité d’autruit, cependant quant ont voie comment certaines personnes étalent leur vie privé sur facebook on à juste le goût de dire bin bon bande de niochons!

  • perdu dit :

    il a dit qu’il faissait c jock sur l’ordi au travail.
    donc ils travail pas durant se temps là.
    croyer vous qu’un employeur vas engager cette personne.

  • Rudolph dit :

    L’avancement technologique n’a pas que des bienfaits. Big Brother étend son pouvoir petit a petit et sournoisement. Nos libertés individuelles sont menacées et personne ne s’en rends compte. GPS, cellulaires, internet, cartes de crédits,cartes de débit, controle des armes a feu, dossiers de conduite, écoute électronique … les autorités, les employeurs et d’autres peuvent nous suivre à la trace, connaitre nos pattern de consommation et en bout de ligne faire des lois pour restreindre nos libertés graduellement pour nous mettre dans un carcan ou on ne peut plus rien faire sans se faire donner une amende ou enlever des droits et privilèeges. On doit tous devenir en bout de ligne des bons petits citoyens obéissants et productif jusqu’a se taper un burn out, sinon t’es fini. Je ne sait pas ou on s’en va, mais je ne crois pas que c’est dans la bonne direction.

  • Isabelle dit :

    Quand on s’exprime via n’importe quel média, on doit assumer le risque de voir notre vie privée exposée et d’en subir les conséquences.

    La faiblesse de l’Internet, c’est justement de n’avoir aucune certitude qu’un blog ou espace à discussion est hermétique à l’investigation. Par contre, les enquêteurs se font une telle joie d’avoir cette ouverture à leur portée et c’est cela dont je redoute le plus : l’infiltration dans mes fichiers personnels. Dans quelles mesures sommes-nous protégés et de qui, de quoi ???????????????

  • Alexis Fortin dit :

    La réalité est qu’il y a de fortes chances que le recruteur utilise son ami Google pour faire quelques recherches sur un candidat intéressant avant même de le convoquer à un entretien d’embauche :

    http://www.reussir-entretien-embauche.com

    Est-ce bien ? Est-ce mal ? C’est ni un ni l’autre, c’est simplement la réalité d’aujourd’hui. C’est donc à vous de préserver votre intégrité sur le net.

    Inscrivez-vous à un ou deux réseaux sociaux importants et remplissez votre profil comme un pro. C’est sur ce genre d’information que tombera le recruteur en premier s’il lance une petite recherche sur vous !

    • Simon dit :

      Les employeurs ont toujours voulu en savoir plus sur leur futur candidat, passe-temps et style d’humour inclus. Cependant, la seule façon dont ils déposaient pour obtenir cette information était de le demander oralement, en entrevue. De nos jours, ils peuvent et vont regarder sur internet.

      Il faut vivre avec. C’est la réalité d’aujourd’hui. C’est pourquoi j’ai, comme mentionné dans ma première remarque, refusé de mettre en ligne certains de mes vidéos.

      Je suis donc d’accord avec Alexis. C’est la réalité d’aujourd’hui et j’ajouterai que la pratique ira inévitablement en augmentant.