Un havre de paix dans la station spatiale.
Il y a quelques mois, après son retour sur Terre, j’avais demandé à Julie Payette comment c’était là haut. Sa réponse fut brève. Bien occupé, pas très chaud et bruyant. Pour les deux premiers critères, les choses ne sont pas prêtes de changer pour les astronautes, mais côté bruit, il y a du nouveau à l’horizon.
Actuellement, la seule chose qui vient troubler la quiétude de l’espace, c’est ce gros point brillant qui passe plusieurs fois au dessus de nos têtes à 27 000 Km/h.
Car la station spatiale, outre ses qualités de laboratoire scientifique, est aussi est avant tout une bulle pressurisée qui maintient la vie de son équipage dans un environnement hostile à l’extrême.
Pressurisation, chauffage, ventilation en plus des dizaines de ventilateurs qui équipent les installations scientifiques de la station spatiale. Voilà de quoi créer un environnement sonore probablement pesant.
Et même si ces gens-là sont entrainés à faire face à tout ce qui pourrait potentiellement les agresser, l’ambiance sonore est surement difficile à oublier.
Le salut arrivera en septembre avec la mission STS-133, mais dans un premier temps c’est STS-131 qui en avril apportera tout un chargement logistique contenu dans un module de transport à usage multiple nommé Leonardo. Cet espèce de fourre-tout spatial voyage dans la soute de la navette et sert de convoyeur qui une fois débarrassé de son contenu, repart pour recevoir un nouveau chargement en vue de la mission suivante.
Cette mission là ,marquera la fin de la mission logistique de ce module Leonardo en particulier qui va conserver ses ailes après un ultime retour sur Terre où il sera modifié. En fait, il va être transformé pour devenir une « pièce » à part entière de la station spatiale où seront entreposés des éléments inutilisés. C’est STS-133 qui l’arrimera à son emplacement définitif.
Un module dépourvu d’installations scientifiques, seulement doté de la ventilation nécessaire à un bon brassage de l’air.
Une pièce relativement calme comparée au reste de la station où chaque pouce carré est rentabilisé à des fins scientifiques ou vitales.
Dommage que ce module ne soit pas aussi doté de la coupole d’observation récemment installée, car cela aurait été un lieu presque paradisiaque pour les membres d’équipage. Un p’tit bout de Floride à proximité du travail. Cool non ?
On y trouvera pas de télévision, mais il y aura des emplacements pour brancher des ordinateurs et comme la station spatiale est maintenant dotée d’Internet……. cela sera surement l’endroit de prédilection pour venir s’isoler afin de composer des courriels aux êtres chers.
Et si par hasard l’astronaute se sent seul, il pourra peut être se lancer dans un monologue avec un nouveau membre d’équipage cybernétique nommé Robonaut 2 ou R2 pour les intimes qui arrivera aussi avec la mission STS-131.
Robot aux caractéristiques humanoïdes, mais exempt de jambes, R2 me ferait plutôt penser à C3PO.
Assistant cybernétique agile capable d’utiliser des outils, R2 entre en test grandeur nature pour valider son concept en milieu opérationnel.
Bien que cela ne soit pas sa destination actuelle, R2 serait aussi capable d’être utilisé dans le futur pour des sorties extravéhiculaires. Tout un programme en perspective, mais qui pour le moment reste de la science-fiction tant que sa fiabilité n’est pas prouvée en microgravité à l’intérieur de la station dans des conditions tempérées.
Mais revenons à Leonardo pour conclure.
Bien que module particulièrement calme, il ne sera pas question de dormir à l’intérieur. Car bien qu’affublé de multiples couches de blindage Kevlar lors de son dernier retour sur Terre, sa position d’accrochage en fera un lieu potentiellement plus susceptible d’être atteint par des micrométéorites ou des débris spatiaux. Imaginez un peu le désagrément d’un astronaute en train de dormir qui se fait réveiller par le sifflement de l’air qui s’échappe vers l’extérieur après une collision à 54 000 km/h.
Mauvais karma diraient certains, donc limitons les risques et laissons ce futur module de 6m de long pour 4m de diamètre devenir le havre de paix auquel certainement tous les astronautes aspirent pour profiter du silence de l’immensité glacée qui les entoure.

Mot-clés: cupola, ISS, Leanardo, R2