Web 2.0 et écrivains branchés.
À notre époque 2.0, les écrivains s’épanouissent sur le Web et s’en nourrissent aussi. Cette semaine, Dominic Bellavance a sorti un nouveau roman aux allures de Facebook avec bande d’annonce à l’appui…
Hier, sur Facebook, je remarque dans mon fil de nouvelles que l’un de mes amis, irréductible célibataire, vient de changer son statut de couple. Je ne résiste pas à ma curiosité piquée. Et j’apprends vite qu’il n’a pas rencontré l’âme sœur mais qu’il a plutôt décidé de jouer le jeu de Dominic Bellavance!
Intriguée, je vais faire un tour sur la page Facebook du dernier roman de Dominic Bellavance. J’y découvre ce groupe qui invite ses membres à souligner la sortie du roman Toi et moi, it’s complicated aux éditions Coups de tête en changeant leur statut de couple Facebook…
Ainsi, je suis tombée dans le piège de cette opération Facebook tout à fait originale! La « Journée internationale de la relation compliquée »! Une opération « facebookienne » qui fait partie de la promotion de ce roman à saveur de Web.
En effet, à travers l’intrigue de ses personnages, Dominic Bellavance introduit dans son histoire d’amour l’utilisation courante des réseaux sociaux et des nouvelles technologies. L’auteur explore « la vie des jeunes dans ce monde de Iphone et de Facebook forcenés, où tout se trame. Une réputation, en cette ère informatique rapide, ça se tue à la vitesse d’un simple enter… »
De nos jours, l’écrivain ne se contente plus d’écrire dans son coin. Il blogue, il réseaute et il se construit une présence web qui lui permet de mieux se faire connaitre. Et depuis peu, il résume l’atmosphère de ses histoires en images! Avoir sa bande annonce de roman sur le Web est ultra tendance. Certains lecteurs sont pour; ils aiment le principe et embarquent. D’autres sont contre; ils trouvent que mettre des images sur une histoire gâche le pur plaisir de la lecture.
Cela dit, le mois dernier, la bande annonce de Patrick Dion, jeune écrivain, chroniqueur à Webtv Hebdo et chef-recherchiste à l’émission Vlog a connu un beau succès critique qui a certainement contribué à faire parler de son premier roman Fol Allié. Il faut dire que sa bande annonce est d’une exceptionnelle qualité. Patrick Dion explique sa démarche « vidéo-littéraire » sur son blogue: « Je voulais créer quelque chose qui ne s’était jamais fait ici. Je voulais d’un clip qui se rapprocherait d’une bande-annonce cinématographique. J’ai donc fait équipe avec des pros, des gens de métier, mais aussi des gens qui savent faire des miracles avec peu de moyens. J’étais prêt à payer de ma poche. Je voyais ça comme un investissement. »
Plusieurs romans québécois possèdent leur bande annonce, en voici un petit aperçu: Marie-Julie Gagnon (Mama Cool), Audrey Parily (Passionnément givrée), Edouard H.Bond (Prison de poupée), Jean-Simon DesRochers (La canicule des pauvres) et Mathieu Fortin (Le protocole Reston).
Rencontre « facebookienne » avec Dominic Bellavance
Afin d’en savoir davantage sur les comportements Web de cet auteur contemporain, j’ai contacté Dominic Bellavance via Facebook. C’était l’outil de circonstance! Bon joueur, Dominic a gentiment accepté de répondre à mes questions ci-dessous…
– Pourquoi as-tu choisi d’utiliser Facebook comme trame de fond de ton roman?
Un jour, j’ai réalisé que la majorité des gens que je connais se retrouvaient là-dessus. C’est un nouveau lieu de rencontre. Je considère que Facebook est une révolution au même titre que le téléphone, surtout pour sa popularité. Une partie de notre vie communautaire s’y déroule et les gens y ont développé certains tics qui m’amusaient. En basant une histoire sur Facebook, je voulais tracer une caricature de ce que j’y voyais jour après jour.
- Quel genre d’utilisateur de Facebook es-tu?
J’utilise Facebook autant pour des raisons personnelles que professionnelles. Étonnamment, je n’aime pas trop parler de mon métier d’écrivain dans la vie de tous les jours, en dehors des salons du livre, alors Facebook me permet de tenir mes proches au courant de mes activités sans être invasif. Sinon, inversement, j’aime savoir ce qui se trame dans la vie de mes amis. Plus je me tiens au courant de leurs activités sur Facebook, moins j’aurai à faire de « small talk » avec eux la prochaine fois que je les rencontrerai. On pourra passer plus vite aux choses sérieuses.
- Te considères-tu comme un écrivain 2.0?
Ayant étudié en multimédia, le terme « 2.0″ a du sens sur le Web uniquement. Un livre 2.0 serait-il un livre dont le contenu est « généré par les utilisateurs »? L’expérience serait intéressante…
D’un côté, avant la publication du livre, mon éditeur voulait changer le titre du livre pour : « Toi et moi, c’est compliqué ». N’étant pas trop sûr d’aimer le résultat, j’ai passé un vote sur mon blogue pour faire choisir le public entre la version francophone et celle bilingue. À la lumière du vote, on a remis la version bilingue du titre (Toi et moi, it’s complicated). Ce serait peut-être le côté 2.0 de l’oeuvre.
- Que penses-tu de la révolution des réseaux sociaux en notre société?
Je suis mitigé. Certains pensent que cela aide les gens à sortir de leur isolation, d’autres pensent carrément le contraire. Les arguments semblent valides des deux côtés. Chose sûre, les réseaux sociaux permettent de rester en contact avec beaucoup, beaucoup de gens à la fois, mais est-ce vraiment un contact solide? Les échanges sur Facebook et sur Twitter sont ajustés pour plaire à tout le monde; on y retrouve rarement la substance des échanges qui sont faits en privé.
- Quels seraient tes conseils à faire ou ne pas faire sur Facebook?
Ne pas y passer trop d’heures! Il m’arrive souvent de faire comme mon personnage et de rafraîchir mon « fil de nouvelles » aux cinq minutes, en espérant me désennuyer. Le vrai monde est pourtant juste derrière nous! Il ne faut jamais l’oublier.
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