Ses contributions auront été en deux volets séparés de plus de 10 ans, une éternité pour un secteur technologique en constante évolution.
Steven Paul Jobs — 1955-2011
Le créateur dans son garage
Après avoir décroché du Reed College, en Oregon, Steve revient vivre chez ses parents en Californie.
En 1976, avec son partenaire Steve Wosniak, ils créent l’entreprise Apple Computers et leur premier ordinateur, baptisé le Apple I. Les ventes vont bon train et le modèle suivant, le Apple II, sera vu comme un pionnier dans l’informatique d’entreprise avec le logiciel tableur VisiCalc.
Lors d’unes visite de Steve Jobs et de son équipe de Apple aux laboratoires de Xerox PARC, ils voient les prototypes d’interface graphique (plutôt que de texte) manipulés grâce à une souris. Il sera alors immédiatement convaincu que le futur de l’informatique passe par les interfaces graphiques, et propulsera dès lors le développement de la première interface graphique sur le Apple Lisa, en 1983.
Le marché plonge peu de temps après la sortie du premier MacIntosh en 1984. Une querelle entre Steve Jobs et le P.d.G John Sculley, embauché deux ans plus tôt par la haute direction et dont la mission était de contenir les élans expérimentaux de Steve dans des marchés incertains, finit par pousser Jobs à démissionner de son poste et quitter Apple.
Il crée alors l’entreprise NeXT Computing et y consacre tout ses efforts pour créer les ordinateurs et systèmes expérimentaux qu’il désirait faire chez Apple tout en n’y ayant pas la liberté nécessaire à cause de l’approche conservatrice et prudente de la haute direction.
Beaucoup plus avancés que les ordinateurs des concurrents, les produits de NeXT sont vendus principalement dans les milieu scientifiques et académiques.
Aventure dans l’imaginaire

L'équipe originale de Pixar, dont John Lasseter et Steve Jobs (à gauche et à droite respectivement, sur le divan à l'avant-plan)
En 1986, alors qu’il oeuvre au sein de son entreprise NeXT, Steve flaire une percée dans le domaine informatique: la conception d’images de synthèse assistée par ordinateur.
Il achète alors de Georges Lucas, via son entreprise cinématographique Lucasfilm, la compagnie Pixar.
À ce moment, Pixar fabriquait et vendait du matériel informatique haut de gamme pour la création d’images assistées par ordinateur.
D’abord vendus principalement aux gouvernements et hôpitaux, les systèmes de Pixar ont graduellement migré avec le cinéma pour finalement décrocher de gros contrats de production de films pour Disney, mais non sans difficulté.
Steve a d’abord décidé de vendre la division de fabrication de matériel informatique de Pixar en 1990, et orienta l’entreprise à la production d’animations et de films. La relation avec Disney commence alors timidement avec des petites productions, pour éventuellement passer la commande d’un film à long métrage, Toy Story.
Même après avoir été payé par Disney pour la production du film, Pixar accusait des pertes financières importantes, au point où Steve analysait la vente possible de l’entreprise.
Il décida de donner une dernière chance à Pixar après que Disney ait confirmé que le film Toy Story serait distribué en salles pour la période de Noël en 1995.
Un succès phénoménal s’en est suivi, et cela marqua le point tournant où Pixar devint un véritable studio de production de films d’animation.
Toujours sous l’emprise de contrats défavorables pour Pixar avec l’entreprise Disney, Steve s’est battu longuement pour finalement négocier que Pixar puisse conserver la totalité des droits sur ses créations, Disney ne se chargeant que de la distribution.
Armé de la capacité de produire, vendre et profiter de ses créations, Pixar produisit tant de films à succès que lorsque Steve Jobs a vendu Pixar à Disney, en 2006, le montant de la transaction s’est élevé à 7,4 milliards de dollars américains.
Steve avait payé 10 millions $, vingt ans plus tôt.
Le retour du PDG
Une décennie plus tard, en 1996, Apple achète l’entreprise de Steve, NeXT, et l’embauche d’abord à titre de conseiller.
L’année suivante, après 3 années consécutives de pertes financières importantes, la direction nomme Steve Jobs comme président directeur général intérimaire.
Steve prend alors une série de décisions drastiques, axées sur la restructuration de l’entreprise pour un retour à la profitabilité.
Il met un terme aux produits Newton (un des premiers agendas électroniques à reconnaissance d’écriture), Cyberdog et OpenDoc, une série de logiciels et systèmes de gestion de documents.
Ses coupures furent si drastiques, que les employés en ont développé une peur de le rencontrer et perdre leur emploi sur le champ.
De plus, il établit un partenariat avec son plus grand compétiteur, Microsoft, afin d’offrir la série de logiciels Microsoft Office sur les ordinateurs Mac.
L’acquisition de NeXT aura aussi permis à Apple de mettre la main sur le système d’exploitation NeXTSTEP, qui a progressivement évolué à Mac OS X, l’un des piliers du succès de Apple d’aujourd’hui.
Une série de nouveaux produits, modernes, élégants, et intelligents furent ensuite introduits sur le marché. D’abord le iMac, un ordinateur au design unique, coloré et amusant provoquera la polarisation des critiques et l’explosion des ventes; plus de 800 000 ordinateurs vendus en 5 mois.
Puis, le iPod verra le jour à l’automne 2001. D’un design innovateur par rapport aux autres lecteurs de musique sur le marché à l’époque, le iPod sera le pionnier de la musique en format numérique et démarrera, à lui seul, la révolution de la façon dont les gens consomment et écoutent de la musique. Un succès phénoménal avec 100 millions d’appareils vendus dans les 6 premières années. En 2003, l’arrivée de la boutique musicale en ligne iTunes Music Store permet de boucler la boucle, en fournissant à la fois la source du contenu et l’appareil pour en faire l’écoute. En 2008, cinq millards de téléchargements sont comptés dans la boutique musicale.
Du iMac au iPod, la vision de Steve aura permis à Apple de percer les marchés avec des produits uniques et novateurs.
Chambardement d’une industrie: le iPhone
En 2007, Steve annonce que l’entreprise change son nom de Apple Computers à Apple Inc,puisque ses produits ne sont plus uniquement des ordinateurs.
Il surprend alors le monde entier en se lançant dans un marché déjà très occupé par de grands leaders mondiaux tels que Nokia et Motorola, et offre un appareil si différent et avancé qu’il fallu une longue période de temps pour que les géants de la téléphonie réorientent leurs entreprises vers ce nouveau marché en plein explosion.
Le iPhone devient alors rapidement la référence que tous cherchaient à imiter.
La maladie met un freins à ses ambitions
Au fil des années, la santé de Steve fait les manchettes à plusieurs occasions alors qu’il prend quelques congés pour se reposer.
Puis, en janvier 2011, il prend un congé de durée indéfinie afin de se consacrer à combattre le cancer.
En août 2011, il démissionne de son poste de P.d.G, mais demeure membre de la haute direction et continue de guider stratégiquement les décisions de l’entreprise.
La maladie aura raison de lui en octobre.
Il ne fait aucun doute que Steve, avec sa vision de ce la technologie devrait faire pour nous, a changé nos vie. De par son implication dans les différentes entreprises auquelles il a participé, le leader au col roulé a laissé sa trace comme peu de dirigeants d’entreprises derrière lui l’ont fait.
Pour tout ce que tu as fait pour nous, Steve, je te dis, merci.
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