Profil du blogeur:

Des milliers de profils pédophiles détruits sur Facebook grâce à Anonymous

7 juillet 2011 - Facebook - Faits vécus techno - Vivre sur le web -

Des membres d’Anonymous portant le masque rendu célèbre par le film "V pour Vendetta", à Los Angeles en février 2008, en protestation contre l’église de la scientologie.

L’anonymat en ligne, on peut être pour ou contre. Contre quand derrière un pseudonyme se cache un prédateur, un cyberintimidateur, un arnaqueur ou un meurtrier. Pour quand il permet le regroupement d’internautes qui, grâce justement à cet anonymat, ont à coeur de dénoncer les abus et les vices de notre société, fut-elle virtuelle ou pas.

Anonymous, c’est exactement ça : une communauté virtuelle formée d’internautes qui s’unissent et agissent dans l’anonymat le plus complet depuis plusieurs années, au gré des causes et des idées, pour défendre la liberté d’expression, virtuelle ou pas. Les actions du groupe, qui a vu le jour en 2004, ratissent large et vont de la dénonciation de l’Église de la scientologie à la défense de Julian Assange, le porte-parole et fondateur de Wikileaks, en passant par un appui décisif à la récente révolution égyptienne. Les outils préférés de ses «membres» : le piratage informatique et les dénis de service.

Un nettoyage radical et nécessaire

Mais les opérations se suivent et ne se ressemblent pas au sein d’Anonymous. Le 27 juin dernier, le réseau a mis sur pied l’opération SaveKids, qui vise spécifiquement et radicalement à nettoyer Facebook des pédophiles et du trafic d’enfants qui y prennent une ampleur de plus en plus démesurée. Aucun piratage informatique ni de déni de service ici, rien que de très légal puisqu’il suffit à n’importe internaute de cliquer sur le bouton «J’aime» de la page Facebook d’OpSaveKids pour pouvoir s’impliquer en y indiquant s’il le souhaite les comptes pédophiles qu’il aurait découverts sur Facebook.

Tout a commencé quand l’un des membres de cette communauté aussi virtuelle qu’anonyme est tombé sur le profil suspect d’un homme d’une soixantaine d’années, originaire d’Allemagne, mais parlant aussi bien le thaïlandais que l’anglais. Après s’être infiltré dans le réseau d’»amis» de cet homme, le membre d’Anonymous est tombé sur un premier «catalogue» qui l’a vite mené vers un réseau qui, au départ, ne semblait compter qu’une centaine de profils, mais qui, par la suite, s’est révélé être encore bien plus vaste.

C’est ainsi que fut créé l’opération SaveKids. L’idée de base est simple : que tous les utilisateurs de Facebook partout dans le monde participent à l’identification et à la dénonciation de profils et de pages qui contiennent et/ou promeuvent de la pornographie infantile, rien de plus, rien de moins.

Un problème aussi vaste que complexe

«Honte à Facebook et à Mark Zuckerburg, est-il écrit sur la page Facebook d’OpSaveKids. Votre indifférence quant à la sécurité des enfants et votre soif de profit sont dangereux et dégoûtants. L’opération SaveKids d’Anonymous recommandent fortement à Mark Zuckerbert et aux administrateurs de Facebook d’agir immédiatement en engageant du personnel pour débusquer la pornographie infantile et dénoncer les pédophiles aux agences légales afin qu’ils soient poursuivis.»

Malgré certaines frictions antérieures entre les administrateurs de Facebook et la communauté Anonymous, il n’a pas fallu beaucoup de temps au célèbre réseau social pour entendre le message. C’est ainsi que Facebook travaille dorénavant main dans la main avec la communauté et le FBI pour parvenir au démantèlement de l’immense réseau de pédophiles. Des milliers de comptes Facebook servant au commerce de photos, de vidéos – et même d’enfants… – sont désactivés en ce moment par Facebook.

Art ou pédophilie : le magasine Vogue Paris a fait des vagues cet hiver quand on a publié dans ses pages des photos de fillettes posant comme des bimbos. Approche artistique ont proclamé certains, pédophilie pure et simple ont dénoncé les autres. Bref, le problème est loin d’être réglé...

La pédophilie est un problème dont l’ampleur et la complexité nous dépassent. Les prédateurs sont partout et Internet est un terrain de jeu de choix pour ceux qui n’ont d’autres buts que d’attirer les jeunes enfants crédules dans leurs filets. Nul doute que ce type de commerce à grande échelle existait bien avant Facebook et Internet, il était tout simplement plus invisible. Difficile aujourd’hui de rester caché bien longtemps dans le cyberespace, surtout quand une légion d’Anonymous et une cohorte d’agents du FBI joignent leurs forces pour débusquer ces abrutis.

Et c’est quand même le plus réjouissant dans cette histoire : cette alliance de pirates informatiques, de détectives américains et d’administrateurs de sites web qui vibrent, enfin, sur une même corde pour une même cause. Espérons que l’exemple fasse des petits…

L’art de raconter des web histoires

30 juin 2011 - Faits vécus techno - Vivre sur le web -

Capture d'écran d'une partie de la page d'accueil du site de rencontres BeautifulPeople.

La nouvelle a atteint les médias la semaine dernière : ô drame, 30 000 personnes venaient d’être expulsées du site de rencontres BeautifulPeople suite à l’infection par un virus du processus de vote des membres.

Selon la version officielle du site, le virus, prénommé Shrek (d’après, vous l’aurez compris, le film d’animation qui tente de prouver que la beauté est toute intérieure…), aurait été placé par un ex-employé de BeautifulPeople.com qui n’aurait pas apprécié d’être remercié. Pendant six semaines, le virus aurait détraqué le logiciel de vote utilisé par les membres pour sélectionner ou rejeter les aspirants membres, permettant ainsi à 30 000 personnes «laides» d’être acceptées alors qu’en fait elles auraient «dû» être rejetées selon les règles de sélection en vigueur.

L’histoire a vite été reprise par les journaux (voir entre autres l’article du Guardian). Les dirigeants du site se sont publiquement excusés auprès des 30 000 personnes expulsées pour la douleur que pouvait leur avoir causé le fait d’apprendre que, non, en fait, elles n’étaient pas belles. Ils affirmaient également avoir dû rembourser les 4 500 personnes parmi ces 30 000 acceptées par erreur qui avait déjà payé leur cotisation de membre (25 $ par mois), pour un total de 112 500 $.

Les deux (beaux) propriétaires du site BeautifulPeople.com, Robert Hintze et Greg Hodge.


Sauf que… Toute cette histoire était arrangée avec le gars des vues.

Il était une fois une agence de pub

Après une naissance somme toute modeste au Danemark en 2002, le site BeautifulPeople est devenu mondialement connu en octobre 2009 suite à un bombardement médiatique orchestré par Golden Goose PR, une agence de pub britannique spécialisée dans la fabulation (storytelling). Ce n’est pas moi qui le dit, c’est écrit sur le site web de l’agence qui clame fièrement être spécialisée dans la conception et la narration d’histoires fascinantes à propos de marques, de produits ou de services afin d’en faire la promotion.

Les premiers communiqués concernant BeautifulPeople diffusés par Golden Goose PR (traduits en 40 langues et envoyés dans 170 pays), avaient attiré l’attention de plus d’un million huit cent mille aspirants princes charmants et belles au Bois dormant, tout en divisant joyeusement, et parfois férocement, les médias sur la nécessité d’un tel site dont l’existence, selon certains, n’était qu’une indication de plus de la superficialité envahissante de notre univers si politiquement correct. Seuls 360 000 de ces nouveaux aspirants avaient réussi le test de sélection. Suite à quoi, coup de tonnerre, un nouveau communiqué diffusé à l’échelle de la planète dévoilait le pays d’origine des aspirants refusés. C’est ainsi que l’on apprit que les Irlandais étaient les hommes les plus laids du globe, que les Suédoises étaient les plus belles femmes et qu’elles étaient suivies de près par les Brésilien(ne)s et les Danois.

Question de voir de quoi a l’air le site en question, je me suis soumise au processus de vote de BeautifulPeople. Voici ma page, 30 heures avant le verdict – et, si la tendance se maintient, mon expulsion…

Deux poids, une mesure

Jusqu’ici rien que de très normal, de la publicité comme on en voit (malheureusement) tant. Deux mois plus tard pourtant, au début de janvier 2010, un troisième communiqué est envoyé aux médias dans lequel on explique que 5 000 membres de BeautifulPeople ont dû être expulsés parce qu’ils avaient pris du poids pendant les fêtes de fin d’année et qu’ils ne se conformaient plus aux normes du site… L’histoire, conçue et orchestrée de toutes pièces par Golden Goose PR avec bien sûr l’approbation des propriétaires de BeautifulPeople, a fait scandale et pour cause. On traite là d’un sujet embarrassant puisqu’on vise ici non seulement la beauté, mais également l’équation beauté / tour de taille, un sujet des plus épineux dans une société où l’obésité est quasiment devenue une norme. L’histoire dite des Festive Fatties (gros festifs) a fait le tour du web et des médias et, ce faisant, a fait monter en flèche le nombre de demandes d’adhésion au désormais célèbre réseau de rencontres : 2,2 millions de visiteurs durant les trois premiers jours de la campagne.

«En plus de nous offrir une couverture médiatique internationale encore plus vaste que celle que nous espérions, l’histoire nous a amené 55 000 nouveaux membres en un seul mois, une augmentation phénoménale. Nous avons réussi en quatre semaines ce qui nous avait demandé auparavant des années de planification et de conception», témoigne Greg Hodge, le directeur de BeautifulPeople.com, sur le site de Golden Goose PR.

Il était une fois, bis

Et voilà que l’agence concocte et fait circuler une deuxième histoire, celle du virus placé par un ex-employé malveillant. Une histoire dont les médias se sont encore une fois emparés avec empressement et qui, comme la précédente, a fait encore monter les demandes d’adhésion.

Parce que la beauté est en soi un principe si évanescent et éphémère, on peut, au choix, s’indigner, se réjouir ou s’interroger quant à l’existence et au succès d’un réseau social comme BeautifulPeople dont le seul barème d’acceptation est entièrement basé sur la beauté du visage de l’aspirant membre.

Mais le plus gênant dans toute cette histoire (ces histoires), ce n’est pas tant que certaines personnes ressentent le besoin de se réseauter sous prétexte d’une beauté soi-disant commune (il y a bien un site de rencontres pour gens en uniformes – UniformDating.com -, un autre qui unit selon les habitudes de consommation – AsdaDating.com – , ou encore un autre, Guardian Soulmates, qui encourage les lecteurs du Guardian à se mettre en couple avec d’autres lecteurs du Guardian, et j’en passe), non, ce qui gêne le plus c’est le fait que ces histoires fabriquées de toutes pièces par une agence de pub s’étalent ensuite si facilement dans les médias – papier ou numériques – comme autant de nouvelles réelles.

Déjà que virtualité et réalité ont tendance à se mélanger, si la pub commence en plus à se prendre pour l’actualité…

Un tweet, le web s’émeut et justice se fait

23 juin 2011 - Faits vécus techno - Vivre sur le web -

Louis Van Proosdij Duport, entrepreneur et tétraplégique. (Capture d'écran Monique Crépault)

Imaginez que par un décret quelconque et sans que vous y puissiez quoique ce soit on vous imposait de ne prendre qu’une seule douche par semaine. Vous protesteriez, non ? C’est ce qu’a fait Louis Van Proosdij Duport, un tétraplégique de 43 ans, deux semaines après qu’un changement dans son protocole de soins a transformé le prospère et dynamique homme d’affaires qu’il était en un être sale, malodorant et quasi grabataire.

Louis Van Proosdij Duport, qui vit dans l’Île-de-France, dans le nord de la France, la région la plus densément peuplée du pays, est un entrepreneur dynamique qui travaille jusqu’à 15-16 heures par jour, souvent sept jours sur sept. C’est aussi un bel homme qui a la particularité d’être tétraplégique depuis un accident de sport survenu il y a 27 ans qui l’a condamné pour toujours au fauteuil roulant.

Autonome 22 heures sur 24
Heureusement, il est électrique ce fauteuil, car Louis n’a aucun contrôle sur ses doigts et très peu sur ses bras. Cet handicap ne rend différent le déroulement de ses journées, comparé aux vôtres ou aux miennes, que pendant deux petites heures : une heure et demie le matin, quand il doit se doucher, s’habiller et s’asseoir dans son fauteuil, et trente minutes le soir, quand il doit se coucher. Deux heures sur vingt-quatre durant lesquelles il a besoin qu’on l’aide physiquement. Restent tout de même 22 heures de vie vécue à plein, avec passion, succès et… autonomie.

Deux fois par jour depuis 25 ans, un préposé de Santé Service, un organisme français à but non lucratif spécialisé dans les soins à domicile sur l’Ile-de-France, vient chez Louis pour l’aider à prendre sa douche le matin et à se coucher le soir. Louis est dépendant de cette aide s’il veut travailler, gagner sa vie et être autonome. Il y a un mois pourtant, l’organisme a décidé de changer le protocole de soins qui était le sien depuis un quart de siècle, en faisant entre autres passer le nombre de douches de sept à une par semaine. Souci d’économie ?

Imaginez.  Une semaine sans douche.

Peu importe les raisons qui ont bien pu motiver cette décision, le résultat est que lorsqu’il publie son billet le 14 juin dernier, soit deux semaines après le début du changement de soins qui lui a été imposé, Louis Van Proosdij Duport ne s’est pas douché depuis cinq jours et il a encore deux jours à patienter avant de pouvoir le faire.

On est tous d’accord que de commencer sa journée par une bonne douche aide à être bien dans sa peau, que l’on soit tétraplégique ou pas. Ça aide à se sentir bien, à avoir confiance en soi et à bien travailler.

Mais quand on ne peut plus se présenter à ses rendez-vous d’affaire parce que nos cheveux sont sales et puants, quand on ne peut plus avoir de vie sociale parce que, par décret officiel, on doit être au lit, prêt à dormir, à 22h00 et parfois même à 21h00, il est normal de vouloir protester. Humilié et outré par son impuissance, l’entrepreneur a contacté l’agence directement, pour demander le retour à l’ancien protocole. «Arrêtez de vous faire des illusions et de croire que vous pouvez travailler à plein temps comme tout le monde, lui a-t-on répondu. Vous allez vous y faire, ce n’est qu’une question de temps, l’a-t-on rassuré». Se faire à quoi ? À devenir grabataire et non fonctionnel ? Tout ça parce que certaines personnes prennent pour acquis que parce qu’on est tétraplégique, on est obligatoirement inactif ?

Twitter écoute

Devant le manque d’écoute de l’agence de soins, Louis Van Proosdij Duport a décidé de rendre son histoire publique en publiant un billet sur son blogue, un billet écrit alors que, selon ses propres mots, ses «cheveux et son cuir chevelu sont dans un état indécent, collés, gras et malodorants», un billet dans lequel il se met à nu, sans pudeur ni honte et qui, via Twitter, a ému un internaute après l’autre, jusqu’à atteindre l’écran des téléphones intelligents des plus hautes sphères du pouvoir français.

Un tweet d'Éric Besson, le ministre français de l'Industrie, de l'Énergie et de l'Économie numérique. (Capture d'écran Monique Crépault)

La situation s’est rétablie depuis et l’homme d’affaires a pu poursuivre sa vie d’homme d’affaires affairé, mais même si le problème est résolu, pour l’instant, son billet est encore d’actualité (et vaut la peine d’être lu) et le restera tant que l’idiotie et l’incompétence guideront les décisions humaines, à quelque niveau que ce soit. Parce qu’elle nous rejoint tous dans notre dignité, parce qu’elle est ou pourrait devenir celle de plusieurs d’entre nous, l’histoire de Louis Van Proosdij Duport a su se faire entendre et changer les choses.

Indignés de cette terre, twittez !

L’histoire de John et Mark, version opéra, version cinéma

16 juin 2011 - Faits vécus techno - Vivre sur le web -

Extrait d'une capture d'écran de la bande-annonce de l'opéra


«Un adolescent se fait poignarder.  Un garçon plus âgé est accusé.  Une détective enquête et découvre l’étrange connexion entre des rencontres dans des salles de clavardages, de mystérieuses identités virtuelles, des réseaux d’espionnage et de dérangeantes scènes de cybersexe, le tout menant à une étonnante conclusion.»

Voilà le résumé que l’on peut lire sur le site du English National Opera de Londres du sypnosis de Two Boys, cet opéra au livret basé sur une histoire vraie et qui ouvrira dans quelques jours à Londres avant d’atterrir au Metropolitan Opera de New York… en 2013 ! Dieu que la route est longue parfois, entre Londres et New York…

Avant de faire «Beurk, moi l’opéra, j’hais ça», ça vaut la peine d’aller faire un tour sur la bande-annonce de Two Boys. Ça ne vous donne pas envie de voir la suite ? Moi si et, personnellement, je serais fort aise de me trouver à Londres en juin et juillet prochains plutôt que d’avoir à attendre jusqu’en 2013 !

J’avais relaté l’été dernier l’histoire de John, ce jeune Britannique qui avait utilisé Internet afin d’orchestrer sa propre mort, une histoire aussi improbable que celle d’un télé-feuilleton et à faire pâlir d’envie les meilleurs scénaristes, comme l’avait d’ailleurs souligné à l’époque l’un des juges chargés de l’affaire.

John meets Mark

Comme ils étaient tous deux mineurs à l’époque, les noms réels des jeunes protagonistes de cette histoire n’ont jamais été dévoilés et on ne les connait encore aujourd’hui que sous les pseudonymes de John et de Mark.

Les deux jeunes gens s’étaient connus en ligne alors que John se faisait passer pour une fille de 16 ans en quête d’une relation virtuelle.  Mark était devenu son ami puis, de fil en aiguille, celui de John, qu’il avait même fini par fréquenter dans la «vraie» vie. Cette amitié réelle n’empêchait pas John de continuer à inventer des personnages virtuels que Mark rencontrait dans les salles de clavardage et auxquels il croyait dur comme fer, sans se douter que son nouvel ami se cachait derrière chacun de ces personnages…

Tout s’est corsé quand l’un des personnages de John, une soi-disant espionne britannique, avait raconté à Mark une histoire complexe de bijoux, d’agents secrets et de coffre-fort perdu au fond de la mer et avait fait miroiter devant le jeune crédule la possibilité qu’il devienne lui-même un agent secret.  Pour y parvenir, il devait passer des tests dont l’un exigeait qu’il tue quelqu’un de sang-froid, ce quelqu’un étant nul autre que John, lequel, selon l’espionne, était de toutes façons déjà atteint d’une tumeur incurable au cerveau. Vous suivez ?

Après des mois passés en ligne avec sa mystérieuse amie, Mark a cru qu’il avait désormais le droit de tuer, qu’il était vraiment devenu un agent du service secret, numéro d’immatriculation à l’appui. Il avait tout gobé et c’est lors d’une promenade avec John qu’il avait décidé de s’exécuter.  Il avait poignardé son ami plusieurs fois avant d’appeler la police.  John avait été hospitalisé d’urgence. Tous deux avaient d’abord accusé un inconnu, mais les caméras vidéo installées sur les lieux avaient prouvé que seuls John et Mark étaient présents lors du crime.

Puis, en fouillant parmi les 58 000 lignes de courriels échangés entre les deux ados, les détectives s’étaient aperçus que la grande majorité des personnages qui avaient croisé le chemin de Mark avait en commun les mêmes fautes d’orthographe.  Puis John finit par avouer que c’est lui qui avait tout manigancé.

Pour dénoncer les dérives des réseaux sociaux

L’opéra, dont la musique est composée par le jeune Nico Muhly, auteur entre autres de la bande sonore du film Le liseur, veut d’abord dénoncer les dérives de la socialisation en ligne.  De là l’idée des promoteurs de réaliser Can I Be Your Friend, une vidéo parodie (qui est en passe de devenir virale) dans laquelle un acteur agit à l’écran exactement comme s’il se trouvait sur Facebook : il poke, suit et fait des demandes d’amitié aux passants inconnus qui, interloqués, le prennent pour un fou.

Oily Alexander et Joack O’Connell, respectivement, les John et Mark du film U Want Me to Kill Him?.


La vidéo est à voir en attendant  l’opéra… et le film U Want Me to Kill Him? , un long-métrage dont la sortie est prévue pour 2012 et au scénario lui aussi inspiré de l’histoire de John et Mark.

Un opéra, une vidéo, un film. Peut-être finira-t-on par comprendre ce qui peut bien pousser un être humain à en manipuler un autre au point de provoquer son propre meurtre ?

Pour savoir ce que trame son ex, elle se fait passer pour une ado sur Facebook

9 juin 2011 - Faits vécus techno - Vivre sur le web -

La photo de Jessica Studebaker, telle qu’elle apparait sur le faux profil.

Que des couples se séparent et argumentent sur lequel des deux obtiendra la garde des enfants, rien là que de très banal de nos jours. Mais que l’un des ex en vienne à recourir à un subterfuge tel que celui que vient d’inventer Angela Voelkert pour s’assurer d’obtenir cette garde, voilà qui est loin d’être banal.

Tout a commencé le 23 mai dernier, lorsque Angela, 29 ans, a ouvert un compte Facebook sous le pseudonyme de Jessica Studebaker, dans le but bien avoué d’obtenir de l’information pouvant nuire à la cause de David, à qui elle a été mariée pendant huit ans. Une fois le profil ouvert, Angela s’est empressée d’envoyer une demande d’amitié à son ex, demande qui fut aussitôt acceptée.

David Voelkert, tel qu’on peut le voir sur son profil Facebook.

Comme elle ne veut surtout pas que David puisse deviner que c’est elle qui se cache derrière ce profil d’adolescente, ne serait-ce qu’en reconnaissant son style d’écriture, Angela donne accès au faux profil à une amie à qui elle demande d’envoyer un premier message à David via Facebook.

L’amie se plie à sa requête et commence alors une correspondance assidue avec David, le tout bien sûr sous la supervision d’Angela. C’est ainsi que, en échangeant des courriels via leurs comptes Facebook respectifs, «Jessica Studebaker» et David Voelkert se mettent à discuter des plans de ce dernier pour non seulement obtenir la garde des enfants du couple, mais aussi pour se débarrasser définitivement d’Angela.

Le 26 mai, Voelkert écrit à «Jessica» qu’il a vendu son entreprise et qu’il a l’intention de déménager avec ses enfants quelque part où il fait chaud dès qu’il en aura terminé avec les rendez-vous à la cour concernant la garde. Et c’est là que tout se corse : l’entreprise de Voelkert, Secured Alarms, est une entreprise qui se spécialise dans la vente et l’installation d’équipement vidéo et audio sophistiqué (elle compte même des policiers parmi ses clients).

Une correspondance plutôt compromettante

Le 31 mai, Voelkert écrit à sa jeune «amie» Facebook : «Ok, voilà ce qui se passe. J’avais un GPS sur ma camionnette. Je viens de l’enlever et de l’installer sur celle de mon ex pour pouvoir la suivre et savoir où elle va. Il est bien caché, ça serait très difficile de le trouver, mais mon assistant est un mécanicien et il sait ce qu’il fait». Voelkert poursuit en soulignant les problèmes que pourrait leur valoir ce genre d’agissement et demande à Jessica de supprimer ce message pour que ne subsiste aucune trace de ses actes.

Un peu plus tard cette même journée, David écrit à la jeune fille que son beau-frère vient de lui prêter l’argent pour qu’il puisse partir. Il explique ensuite qu’il va essayer de faire ses valises et de partir vendredi le 3 juin avec ses enfants et qu’entretemps il va trouver quelqu’un pour «s’occuper» d’Angela, ce qui sera facile puisque grâce au GPS il sait tout le temps où elle se trouve. Ne doutant de rien, il suggère même à Jessica qu’elle pourrait tenter de trouver elle-même quelqu’un à son école qui voudrait se charger de la corvée pour 10 000 $.

Un message plus tard et il déclare qu’une fois qu’il aura disparu avec ses enfants, la police ne pourra l’accuser de rien puisqu’il sera dans un autre état (le couple vit dans l’état de l’Indiana). C’est à ce moment qu’Angela décide de remettre l’affaire entre les mains des autorités. Elle porte plainte contre David et le FBI entre en jeu, sous la forme de Robert Dane, un jeune agent du FBI du département d’Indianapolis dont la responsabilité est, entre autres, d’enquêter sur les tueurs à gage et l’utilisation illicite d’équipement d’écoute (pour lire son témoignage, on clique ici).

Qui dit vrai, qui ment ?

C’est ainsi que, depuis mardi dernier, David Voelkert, 38 ans, est en prison, en attente de son audition mardi prochain à la cour d’Indianapolis, sous l’accusation d’avoir installé un dispositif d’écoute dans le véhicule de son ex-femme.

Sauf que finalement toute cette histoire n’est pas aussi claire qu’elle peut sembler de prime abord. Selon certaines personnes, Angela connaissait le mot de passe pour entrer dans le profil Facebook de David et ce serait elle qui aurait monté toute la correspondance avec «Jessica» afin de discréditer son ex devant la cour. D’autres affirment même que David a su dès le départ que Jessica n’existait pas et qu’il aurait même fait une déclaration sous serment à cet effet au tout début de la fausse correspondance, déclaration dans laquelle il affirme qu’il avait décidé de jouer le jeu dans le seul but de prouver à quel point son ex-femme était dérangée.

En attendant que la cour décide lequel des ex-époux est le plus dérangé des deux, on ne peut que s’émerveiller devant l’ingéniosité machiavélique dont peuvent faire montre certaines personnes pour obtenir ce qu’elles veulent…

Et puis, un autre mystère subsiste : qui est la jeune fille sur la photo du faux profil ?

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MISE À JOUR vendredi 10 juin : Après avoir passé quatre jours en prison, David Voelkert vient d’être libéré.  Il a pu prouver aux enquêteurs qu’il savait effectivement depuis le début que c’était son ex qui se cachait derrière le profil de Jessica Studebaker. Voelkert a remis aux agents du FBI une déclaration notariée dans laquelle il écrit avoir reçu une demande d’amitié d’une Jessica Studebaker, qu’il soupçonne être son ex-femme.  Il y déclare entre autres mentir à cette personne pour obtenir des preuves des machinations de son ex et conclut qu’il ne planifie en aucune façon de partir avec ses enfants ou de nuire à Angela.

Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué…

À 91 ans, elle vend des kits de suicide sur Internet

2 juin 2011 - Faits vécus techno - Vivre sur le web -

Sharlotte Hydorn, 91 ans, professeure de sciences à la retraite, vendeuse de kits de suicide...


Ce commerce, semble-t-il des plus lucratifs, a été interrompu jeudi dernier quand des officiers du FBI se sont présentés à la demeure de la vieille dame, qui vit dans l’état de l’Orégon, aux États-Unis, pour confisquer une machine à coudre, des ordinateur, tous les éléments qui servaient à composer et vendre lesdits kits ainsi qu’une vingtaine de colis contenant des kits tout prêts à être postés.

Les kits de suicide concoctés par la dame et son fils comprenaient, outre un mode d’emploi et un exemplaire du livre « culte » Final Exit de Derek Humphry – un guide d’instructions destinés aux malades incurables -, une cagoule en plastique se fermant autour du cou ainsi qu’un tube connectant la cagoule à une bonbonne d’hélium ou de tout autre gaz inerte (que le client devait cependant acquérir par lui-même).

Un aperçu du mode d’emploi du kit de suicide...


Sharlotte Hydorn opérait sa petite entreprise depuis des années, avec une clientèle provenant d’un peu partout dans le monde. Tout se déroulait sans heurts, jusqu’à ce qu’en décembre dernier, Nicholas Klonoski, un jeune homme de 29 ans qui n’était absolument pas atteint d’une maladie incurable, s’asphyxie lui-même grâce à ce kit. Ce suicide a éveillé bien des questionnements et a vite attiré l’attention sur la vieille dame et sur son entreprise, avec pour résultat un boom inattendu dans les ventes.

«Avant, je recevais deux ou trois commandes par mois, peut-être 25 en un an, jusqu’à ce que survienne cet événement, a-t-elle déclaré. Mais depuis, c’était devenu complètement fou et j’ai reçu plus de 100 commandes.»

Nicholas Klonoski, 29 ans, avait commandé le kit... Il est mort en décembre dernier.


Les kits de Sharlotte Hydorn étaient vendus sur Internet sous le nom de GLADD, l’acronyme de Glorious Life and Dignified Deatth (Une vie glorieuse et une mort digne) et certains ont estimé que ses profits pouvaient frôler les 100 000 $ par année. Pourtant Hydorn, une professeure de sciences à la retraite, qui reçoit une pension et des revenus de plusieurs propriétés en location, a déclaré qu’elle ne faisait pas ça pour l’argent mais bien pour aider les gens à avoir un certain contrôle sur leur vie, entre autres sur la manière dont ils la terminent.

Le problème, enfin, l’un des problèmes de cette histoire, c’est que malgré sa volonté déclarée de vouloir aider les malades incurables à terminer leur vie avec dignité, Sharlotte Hydorn vendait ses kits sans discernement, sans poser de questions à ses clients potentiels, lesquels si ça se trouve, pouvaient tout simplement être en proie à la dépression et avoir plus besoin d’un thérapeute que d’un kit de suicide,

La vieille dame a déclaré que si des accusations étaient portées contre elle, elle ne s’inquiétait pas du tout sur sa condamnation possible : «À 91 ans, ils ne pourront pas me garder bien longtemps», a-t-elle expliqué avant d’ajouter qu’elle n’hésiterait pas à utiliser l’un de ses propres kits si nécessaire.

L’Orégon et Washington sont les seuls états américains qui possèdent des lois légalisant le suicide assisté par des professionnels de la santé dans des cas de maladies incurables et fatales. Suite à la mort de Nicholas Klonoski, qui vivait lui aussi dans l’Orégon, des sénateurs ont déposé un projet de loi afin de rendre illégaux la vente ou le marketing de produits tels que les kits de suicide de Hydorn. Les initiateurs de ce projet de loi craignent que certaines personnes, mineurs inclus, commandent ce genre de kit sous l’impulsion du moment, comme une solution permanente à un problème temporaire.

Internet est une mine d’or pour tous ceux et celles qui cherchent un moyen d’en finir, peu importe pour quelle raison. La facilité de l’offre et la croissance de la demande font frémir en ce monde qui semble éprouver souvent plus de compassion pour un animal qui souffre que pour les personnes en détresse en proie à une vie de douleur et d’impuissance, souvent sous couvert d’acharnement thérapeutique. Ceci dit, ce n’est sûrement en s’octroyant le droit de vendre, sur Internet ou ailleurs, des kits permettant à tous et à chacun d’en terminer quand bon lui semble qu’on trouvera le moyen d’aider les malades incurables qui désirent en finir. Ne s’improvise pas spécialiste de l’euthanasie, du suicide assisté – ou de l’âme humaine – qui veut…

En prison, il doit casser des pierres et… jouer en ligne

26 mai 2011 - Faits vécus techno - Vivre sur le web -


Liu Dali * a aujourd’hui 54 ans et est lui-même un ancien gardien de prison. Il a fait trois ans de prison, de 2004 à 2007, pour avoir envoyé une pétition au gouvernement central chinois au sujet de la corruption régnant dans sa ville natale (l’absence de liberté d’expression en Chine n’est pas un scoop, mais tout de même : trois ans de prison pour avoir envoyé une pétition ! Et pas trois ans de prison peinards, mais vraiment trois années à trimer dur).

La ville minière de Jixi, dans le nord-est de la Chine.


Liu Dali était incarcéré au Camp de rééducation par le travail de Jixi, dans le nord-est de la Chine. Les camps de rééducation par le travail sont, selon le Ministère chinois de la sécurité publique, «une mesure destinée à transformer les prisonniers en personnes respectueuses de la loi et de la vertu publique, aimant leur pays, et le travail exigeant». Ce système de détention et de punition est imposé en Chine à ceux et celles qui ont commis des offenses mineures sans être légalement considérés comme des criminels.

C’est ainsi que Liu Dali, pour avoir envoyé une pétition, a dû pendant trois ans casser des cailloux, creuser des tranchées dans des mines de charbon à ciel ouvert, tailler des baguettes ou des cure-dents dans des planches de bois jusqu’à s’en fendre la peau des doigts, ou encore assembler des recouvrements de sièges d’automobiles que la prison exportait jusqu’en Corée du Sud et au Japon. Ça, c’était pendant le jour. Le soir venu, lui et les 300 autres prisonniers devaient s’asseoir devant des ordinateurs – qui restaient toujours ouverts – et jouer à des jeux, parfois pendant 12 heures d’affilée. Pas pour se relaxer, pas pour apprendre quoique que ce soit, non, mais pour faire du gold farming, question d’amasser des crédits dans des jeux en ligne à multiples joueurs, comme World of Warcraft, pour le plus grand profit de leurs gardiens.

Le gold farming consiste à employer (dans ce cas-ci on devrait dire «utiliser») des dizaines de joueurs qui restent assis pendant des heures devant un ordinateur pour accumuler des biens virtuels qui sont ensuite revendus – pour de l’argent bien sonnant – sur des sites de ventes aux enchères en ligne ou sur le marché noir. La pratique est légalement interdite en Chine depuis l’été 2009, ce qui n’empêche que 80 % des 100 000 personnes dans le monde travaillant dans cette industrie virtuelle sont localisées dans ce pays.

Selon l’ancien prisonnier, la plupart des prisons du nord-est de la Chine forcent ainsi leurs prisonniers à jouer en ligne, les gardiens faisant plus d’argent (jusqu’à 1000 $ par jour) en faisant jouer les détenus qu’en leur faisant faire du travail physique. «Si je n’atteignais pas mon quota du jour, a-t-il raconté au Guardian, ils me punissaient physiquement. Je devais me tenir debout, les mains dans les airs, et aller au dortoir où ils me battaient avec des tuyaux de plastique. On devait jouer jusqu’à ce qu’on ne voit quasiment plus rien.»
Selon une étude réalisée pour la Banque mondiale, le marché des biens virtuels pesait trois milliards de dollars en 2009. On comprend que les gardiens de prison chinois veulent avoir leur part du butin, mais peut-être devraient-ils choisir : ou bien la rédemption de leurs prisonniers passe par le cassage de cailloux ou bien il passe par la récolte de biens virtuels, mais les obliger à faire les deux ?

(Ceci dit, heu… le gold farming serait peut-être une solution économique à envisager pour renflouer nos propres prisons :-) ?)
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* Le nom est fictif dans l’article du Guardian, où a paru l’entrevue.

Il retrouve son portable grâce à Twitter

19 mai 2011 - Faits vécus techno - Vivre sur le web -

Sean Power a récupéré son MacBook volé avec l’aide de parfaits inconnus qui le suivent sur Twitter.

J’ai déjà écrit sur ces internautes et utilisateurs de YouTube qui, après avoir vu d’horribles vidéos sur YouTube montrant des chatons en train de se faire torturer par des ados, avaient réussi à retracer les tortionnaires par le recoupement d’indices et l’union de leurs efforts et ce, en utilisant des réseaux en ligne tels que Digg, MySpace, Reddit, Facebook et YouTube. Il y a eu aussi cette histoire de caméra perdue et retrouvée grâce aux efforts conjoints d’internautes via le réseau de partage de photos Flickr.

Ce n’était qu’une question de temps avant que Twitter ne serve à son tour d’outil aux internautes pour retracer un malfaiteur. Voilà qui est fait.

Sean Power est un jeune auteur, analyste et consultant web. C’est donc dire que sa relation avec son ordinateur est des plus étroites et essentielles. Lors d’un séjour à New York il y a quelques jours, il s’est fait voler son sac, dans lequel se trouvait, outre son certificat de naissance, sa carte d’assurance maladie, son cellulaire et son porte-monnaie, son MacBook de 17 po. Et on est d’accord que perdre son ordinateur est à peu près ce qui peut arriver de pire à un geek comme lui. Ce n’est qu’une fois de retour chez lui, à Ottawa, que Sean se souvient avoir installé (sans jamais l’avoir utilisé) un logiciel de traque (Prey Tracking, pour ne pas le nommer *) servant à retracer les appareils volés ou perdus. Peut-être que le logiciel pourrait l’aider à retrouver son ordinateur ? Puis, en bon spécialiste web qu’il est, il se dit qu’il pourrait aussi tweeter sur ce qui lui arrive.

Le premier microbillet de Power... Le premier d'une longue, très longue série d'échanges Twitter. (Capture d'écran Chris Matyszczyk).


Il écrit donc un premier microbillet : «Merde ! Twitter, aidez-moi ! Prey vient de trouver mon portable (volé il y a trois jours). Voici le rapport. Je vois le gars !» Le tout suivi d’un lien vers le rapport Prey en question.

Son deuxième microbillet indique qu’il a maintenant une photo et l’adresse IP du gars qui a volé son ordinateur et demande ce qu’il doit faire ensuite. Au cours des heures qui suivent, Power utilise le logiciel de traque non seulement pour suivre le supposé voleur, mais aussi pour le photographier (grâce à la caméra interne du portable) pendant qu’il se connecte à Gmail, à Skype et même à son compte de banque Chase (ce qui permet à Power de constater que ce n’est pas par manque de fonds que l’homme lui a pris son portable). Power connait maintenant le nom du voleur et même l’adresse où il se trouve avec son portable.

Le voleur, tel que capté par la caméra du MacBook...


Pendant ce temps, ses microbillets voyagent sur Twitter où des douzaines de personnes commencent à twitter leurs suggestions sur ce qu’il conviendrait de faire. Ses suiveurs (followers) font en fait ce qu’aiment faire les abonnés de Twitter : suivre. Sauf que là, certains le font même littéralement : deux des «suiveurs» se rendent jusqu’au bar new yorkais où se trouve le supposé voleur (bar dont Power a même appris qu’il en était le co-propriétaire).

À cette étape, avec tous ces éléments en main, Power décide d’appeler la police new yorkaise. Sauf qu’il est à Ottawa et que son voleur, et son portable, sont aux États-Unis : pour que sa plainte soit acceptable, lui annonce-t-on, il lui faudrait revenir la déposer à New York.

Certains suiveurs proposent alors de faire intervenir une équipe de geeks pour aller réclamer l’appareil. D’autres, comme Power, s’opposent à toute violence. «Je renie complètement ce type d’actions dans ce genre de scénario. C’est très très dangereux et je crois que c’est presque inutile, a-t-il déclaré, ce n’est qu’un stupide bout de plastique.»

Je passe sur une bonne partie des péripéties, mais le fait est que les détectives en herbe ne suivent pas les conseils de Sean et décident de confronter le voleur, réussissant finalement à le mettre en contact téléphonique avec Power, ce qui a bien sûr mené à la restitution, toute pacifique, de l’ordinateur. L’un des suiveurs, @nickreese, a déclaré par la suite qu’il avait fait selon lui quelque chose de tout à fait normal, qu’en réalité il n’avait fait qu’aider un inconnu dans le besoin et qu’il espérait que d’autres feraient la même chose pour lui…

On peut argumenter longtemps sur le fait que l’on soit tous ou pas de bons Samaritains potentiels. Chose certaine, on aura beau dire ce qu’on veut sur Twitter, on ne peut nier que le réseau parvient à créer des liens qui autrefois n’auraient jamais été possibles, avec des effets tout aussi inimaginables.

Pour suivre toute l’histoire, de microbillets en microbillets, on clique ici.
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* Oui, comme vous et moi, bien des abonnés Twitter ont cru que toute l’histoire n’était en fait qu’une arnaque ou un placement de produit comme on en voit de plus en plus. Mais Sean Power a nié maintes fois avoir de quelconques liens avec Prey Tracking – dont le logiciel est d’ailleurs téléchargeable gratuitement :)

Jouer à FarmVille pour vrai, avec ou sans Lady Gaga

12 mai 2011 - Faits vécus techno - Vivre sur le web -

FarmVille, l'original...


Avec plus de 82,7 millions d’utilisateurs actifs comptabilisés en février 2010, FarmVille est l’application de jeu la plus populaire sur Facebook. Ce jeu interactif permet aux internautes, via un avatar, de se transformer en gentlemen farmers, d’acheter graines, plantes, animaux et bâtiments et de faire prospérer le tout. Car, comme dans la vie réelle, le profit est roi dans FarmVille : chaque récolte est vendue pour un prix plus élevé que celui payé pour la semence et comme dans la vie réelle, le cyberfermier doit prendre scrupuleusement soin de ses futures récoltes. S’il ne cueille pas par exemple ses framboises dans un laps de temps égal à leur temps de croissance (ici, deux heures), il les perdra et devra labourer de nouveau.

On aura compris que le jeu demande une attention de (presque) tous les instants, ce que semblent pouvoir fournir ses millions d’adeptes si on en croit le succès du jeu.

Richard Morris, gérant de Wimpole Home Farm et initiateur de MyFarm.


Un fermier britannique s’est inspiré du concept – et du succès – de FarmVille pour concevoir MyFarm, une toute nouvelle façon de gérer un ferme. Et pas n’importe quelle ferme. Wimpole Home Farm est une ferme expérimentale de 2500 acres qui existe depuis 1794. Située en plein coeur du Royaume-Uni, à quelques milles à peine de Cambridge, la ferme est opérée par le National Trust, un organisme britannique sans but lucratif dédié à la protection du patrimoine et des ressources naturelles, l’un des plus importantes organismes de charité du Royaume-Uni.

Richard Morris est le fermier derrière le concept de MyFarm. C’est aussi le gérant de Wimpole Home Farm et un ardent partisan de l’agriculture biologique. «MyFarm, a-t-il déclaré, c’est FarmVille pour vrai. De vraies décisions concernant l’agriculture et l’élevage seront prises par les internautes, avec de vraies conséquences.»

Richard Morris et un taureau à Wimpole Home Farm, lors du lancement de MyFarm.


L’idée est née après qu’un sondage mené par National Trust a démontré que seulement 8 % des parents britanniques se sentaient capables d’expliquer à leurs enfants d’où venaient les aliments qu’ils consommaient…

C’est ainsi que dix mille cyberfermiers volontaires pourront donc dès l’automne prochain et pour la somme de 47 $ (ou 3,90$ par mois) se familiariser avec l’agriculture en votant par exemple sur le choix de boeuf à acheter, de la plante à semer ou encore sur le fait d’installer ou pas de nouvelles haies pour protéger la faune et la flore locales. Ils devront prendre une décision par mois, chaque décision apportant son cortège de sous-décisions. Si par exemple les internautes choisissent de semer du blé, ils devront ensuite voter sur le type de blé à acheter : servira-t-il à faire du pain complet ou des biscuits ?

Un minimum de 6,500 inscriptions est nécessaire pour que le projet soit financièrement viable et l’organisme sans but lucratif s’est donné trois mois pour atteindre ce but. Si le nombre minimum d’inscriptions n’est pas atteint dans trois mois, le projet mourra de sa belle mort et les inscriptions déjà reçues seront remboursées.

(Photo : CC Domain Bartnyard/Flickr)


Lady Gaga à gogo
Mais le succès de FarmVille n’inspire pas que des fermiers. Toujours à la recherche de nouveauté, la très colorée Lady Gaga a décidé de lancer son nouvel album Born This Way sur GagaVille, une ferme virtuelle toute particulière (pas de cochons ou de moutons pour sa majesté, mais des licornes et des cristaux…) créée dans FarmVille. «Je veux célébrer et partager Born This Way avec mes petits monstres d’une façon spéciale, qui n’a jamais été faite auparavant, a expliqué la chanteuse. Zynga a créé un lieu magique à l’intérieur de FarmVille où mes fans peuvent jouer et où ils seront les premiers à entendre l’album».

Zynga est le plus grand concepteur de jeux sociaux au monde avec plus de 250 millions de joueurs actifs jouant à des jeux tels que CityVille, FarmVille, FrontierVille, Words with Friends, Mafia Wars, Zynga Poker, Café World et Treasure Isle, tous des jeux disponibles sur des plateformes telles que Facebook, MySpace, iPas, iPhone et appareils Android.

C’est la deuxième collaboration entre Zynga et Lady Gaga. En mars dernier, les deux icônes du divertissement s’étaient unis pour recueillir plus de trois millions de dollars suite aux catastrophes survenues au Japon.

Le programme GagaVille sera disponible du 17 au 26 mai et les fans de sa majesté Gaga pourront avoir accès aux chansons inédites en accomplissants certaines quêtes entre le 17 et le 19 mai, quêtes qui leur permettront de déverrouiller une chaîne radio spéciale et entendre ainsi une série de chansons tirées du nouvel album avant sa sortie officielle prévue pour le 23 mai.

Pour les fans (et les curieux) > www.zynga.com/ladygaga

Votre réseau sans fil est-il sécurisé ?

5 mai 2011 - Faits vécus techno - Vivre sur le web -


En mars dernier, un habitant de Buffalo se fait réveiller par des policiers armés qui pénètrent chez lui sans avertissement avant de le bombarder d’injures et d’accusations : «Nous savons qui vous êtes, Doldrum ! Vous avez téléchargé des milliers de photos à 11h30 la nuit dernière», s’écrient les agents en le clouant au sol sans écouter ses dénégations.

C’est qu’un mois plus tôt, un enquêteur du FBI s’était inscrit à un site de partage et s’était connecté à un certain «Doldrum» sur les fichiers duquel il avait trouvé des images et des vidéos représentant des enfants engagés dans des actes sexuels. Après avoir déterminé l’adresse IP* du routeur utilisé par ce Doldrum, l’enquêteur n’avait eu qu’à faire identifier l’abonné par son serveur pour croire qu’il avait bel et bien trouvé son coupable.

fallut trois jours aux enquêteurs pour fouiller dans les entrailles de l’ordinateur de l’accusé pour comprendre que quelqu’un avait bel et bien téléchargé de la pornographie infantile via son réseau sans fil, mais que ce n’était pas lui, et que son seul crime était de n’avoir pas installé de mot de passe sur son nouveau routeur wi-fi.

L’inspecteur est donc retourné au logiciel de partage en ligne pour trouver les autres adresses IP utilisées par Doldrum pour se connecter. Deux d’entre elles appartenaient à la State University of New York et avaient été assignées à John Luchetti, 25 ans, un étudiant habitant… un appartement adjacent à la maison du présumé coupable.

Un an plus tôt, une histoire semblable avait eu lieu à Saratosa, en Floride. Un homme qui se trouvait à bord d’un bateau accosté à une marina avait utilisé une canette de chips comme antenne pour augmenter le signal du réseau sans fil d’une maison voisine et télécharger dix millions d’images de pornographie infantile. Résultat : c’est d’abord le propriétaire de la maison (retracé grâce à son adresse IP) qui a été arrêté et accusé de téléchargement illégal et possession de pornographe infantile.

En décembre 2009, dans l’état de New York, un homme s’était lui aussi trouver face à face avec des policiers qui suivaient une piste électronique de téléchargement illégal de vidéos et de photos, piste qui les avait menés jusqu’à l’adresse IP de cet homme. Après enquête, et plusieurs mois plus tard, en avril 2010, son voisin – qui utilisait son réseau non sécurisé – a finalement plaidé coupable.

Internaute = IP ou pas ?
L’an dernier, en Allemagne, la plus haute cour criminelle a décrété qu’il était de la responsabilité des internautes de sécuriser leurs connexions Internet de façon à empêcher leur utilisation illégale. Cette décision a été prise après qu’un musicien a poursuivi un internaute dont la connexion Internet sans fil avait été utilisée pour télécharger une chanson qui avait ensuite été offerte sur un réseau de partage. L’internaute était en vacances quand la chanson avait été téléchargée.


Cette responsabilisation des internautes n’est toutefois pas la norme ici ou aux États-Unis où, depuis plusieurs années, les détenteurs de droits d’auteur multiplient allègrement les poursuites contre les internautes ayant soi-disant télécharger et/ou partager des fichiers illégalement. Se basant sur le fait que l’adresse IP et la personne qui la possède ne font qu’un, ils exigent que soit dévoilée l’identité de l’internaute correspondant à l’adresse IP impliquée, pour ensuite négocier avec lui un règlement en espèces bien trébuchantes et sonnantes.

Pour bien des gens, ces pratiques ressemblent surtout à de l’extorsion pure et simple, ce qui n’empêche pas de nouvelle accusations de surgir chaque mois. Mais la donne risque de changer bientôt. Un juge américain a récemment refusé à un détenteur de droits d’auteur le droit d’obtenir d’un serveur les données personnelles d’un supposé contrevenant. «Une adresse IP n’est pas une personne, a déclaré ce juge. Le contrevenant est peut-être l’abonné, mais c’est peut aussi être quelqu’un dans la même maisonnée que lui, ça peut être un visiteur avec un ordinateur portable, un voisin, ou même quelqu’un stationné dans la rue.»

Ceci dit, responsable ou pas, si on préfère évite de voir la police frapper chez soi à l’aube, on prend le temps de sécuriser notre routeur dès son installation avec un mot de passe en béton (formé d’au moins huit caractères – un mélange de majuscules, de minuscules, de chiffres et de symboles). Surtout qu’un système sans fil non sécurisé, c’est aussi la porte ouverte pour quiconque vers nos données personnelles et/ou professionnelles !

Pour avoir une bonne idée de la façon de sécuriser son routeur – quand le manuel d’instruction n’est pas suffisant > www.linternaute.com/hightech/wifi/05-wifi/securite.shtml
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* Une adresse IP (pour Internet Protocol) est un numéro d’identification attribué à chaque branchement d’appareil à un réseau informatique. Un exemple d’adresse IP : 212.85.150.134.

Victime de cyberintimidation par sa meilleure amie

28 avril 2011 - Facebook - sans catégorie - Vivre sur le web -


C’est peut-être son combat contre le cancer alors qu’elle était si jeune qui a appris à Justine à ne pas se laisser abattre par l’adversité, même quand elle a peur. Imaginez si vous receviez entre trois à cinq textos anonymes chaque jour, des messages qui affirmeraient «Je vais tuer tous tes animaux», «Je vais mettre une bombe dans ta cour», «Je vais te violer» et qui avec le temps deviendraient de plus en plus vulgaires et méchants. C’est ce qu’a vécu Justine et qui a fini par lui faire tellement peur qu’elle ne voulait plus aller à l’école.

Justine Williams et ses parents, lors d’une entrevue donnée à une chaîne de télévision américaine.


En l’entendant répéter si souvent qu’elle ne se sentait pas bien – un bon prétexte pour éviter d’aller à l’école quand on vient de vaincre un cancer – la mère de Justine aussi a pris peur, croyant que c’était la maladie qui revenait s’acharner sur sa fille. Puis Justine a décidé de ne pas se laisser faire et de se battre. Elle a finalement parlé avec sa mère de la cyberintimidation qu’elle subissait. Sa mère a immédiatement contacté la police locale (la famille habite dans le Massachusetts) et c’est ainsi que Justine a appris que la personne qui la harcelait ainsi n’était nulle autre que… sa meilleure amie.

L’enquête a dévoilé que cette «meilleure amie» (son nom n’a pas été dévoilé) passait par un site web pour faire ses appels et masquer son identité et qu’elle poussait même le sadisme jusqu’à envoyer ses textos (la police en a dénombré 90 en tout) tout en «skypant» avec Justine, question de pouvoir observer sa réaction quand elle les lisait.

Le rapport d’enquête ne dit pas ce qui a poussé l’amie de Justine à agir ainsi. Le procureur local a quant à lui décidé de la punir en l’obligeant à suivre dix sessions avec un conseiller, à accomplir vingt heures de travail communautaire et à envoyer une lettre d’excuses à Justine. Le père de cette dernière trouve que c’est là une peine bien légère : «Si vous ou moi avions fait ce genre de menaces envers quelqu’un, on serait en prison, a-t-il déclaré à la presse. Si cette fille agit comme ça au primaire, qu’est-ce que ce sera quand elle sera au secondaire ?»

La question est posée : quelle est la meilleure punition pour la cyberintimidation ?

Keeley Houghton, 18 ans : la première Britannique à être incarcérée suite à de la cyberintimidation.


En août 2009, Keeley Houghton, une Anglaise de 18 ans, a été condamnée à trois mois de prison dans une institution pour jeunes délinquants après avoir publié des menaces de mort sur Facebook contre une jeune fille qu’elle harcelait depuis l’âge de 14 ans.

En janvier dernier, Matthew Riskin Bean, 20 ans, a été condamné à 45 jours de prison pour avoir envoyé à un directeur d’école une photo du pénis d’un jeune garçon de 13 ans afin d’humilier ce dernier.

En novembre 2010, un avocat, Raphael Golb, a été condamné à six mois de prison pour avoir utiliser de fausses identités en ligne dans le but de harceler et discréditer un spécialiste et collègue de son père.

En avril 2010, un juge a condamné à dix-huit mois de détention dans un centre communautaire et à 200 heures de bénévolat un homme qui avait envoyé cinq textos de menaces à son ami quelques heures avant que ce dernier ne mette fin à ses jours alors qu’il n’avait que 17 ans.

Megan Gillan, 15 ans. Elle se tue pour fuir la cyberintimidation que lui font subir des filles de son école.


Megan Gillan, elle, avait 15 ans quand elle s’est suicidée suite au harcèlement et à l’intimidation (cyber ou pas) que lui faisaient vivre quelques jeunes filles de son école. Ces dernières n’ont jamais été accusées de quoique ce soit.

Une étude britannique a récemment démontré que près de 40 % des jeunes âgés entre 14 et 16 ans ont déclaré avoir été victimes de cyberintimidation. Les problèmes de harcèlement et d’intimidation n’ont rien de nouveau. Ce qui est nouveau c’est que grâce à l’internet et aux nouvelles technologies, on ne peut plus laisser ces fléaux au pas de notre porte quand on revient chez soi. Ils pénètrent chez nous, nous suivent nuit et jour.

Croquis de Jean-François Champagne, soupçonné de de harcèlement et de menaces de mort sur Twitter. Illustration : Mike McLaughlin.


Et ce problème n’existe pas que dans les écoles, comme l’a prouvé il y a peu l’arrestation de Jean-François Champagne, 21 ans, accusé de harcèlement criminel et de menaces envers plusieurs personnalités québécoises. Ce sera intéressant de voir la punition que recevra celui qui a sévi sur le cyberespace sous le nom de «jeffsabres» et qui a été mis en liberté conditionnelle jusqu’à sa deuxième comparution, le 13 mai prochain.

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